Las d’être enfermé sans perspectives de jugement, encore moins d’évacuation sanitaire, l’ancien président Sambi détenu en prison depuis 3 ans, en appelle à la présidente de la Tanzanie Samia Suluhu, à qui il a écrit un courrier.
Un hebdomadaire tanzanien s’est fait l’écho d’un courrier adressé à la présidente Samia Suluhu par l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi au sujet de ses droits de détenu. Dans cette lettre envoyée « depuis le mois de novembre dernier » selon Me Mahamoudou Ahamada, l’avocat du concerné, Sambi déplore qu’« en tant que président à la retraite, en tant que citoyen, père et mari, il n'est pas juste d'être détenu et de se voir refuser tout traitement médical… ». « Ma détention est basée sur des raisons politiques, et j’ai toujours clamé que je n'étais pas coupable de ces accusations », écrit-il, demandant à la destinataire de discuter avec les autorités comoriennes. « Je vous prie de m’aider afin de recouvrer ma liberté dont dépend ma santé ».
Interrogé lors du compte-rendu du conseil des ministres de ce mercredi 8 décembre, le porte-parole du gouvernement Houmed Msaide a dit ne pas voir d’inconvénients que Sambi écrive à Mme Suhulu. « Il a le droit d’écrire à qui il veut ». Alors que le chef de l’État Azali Assoumani devait être en Tanzanie depuis hier où il doit prendre part à la cérémonie de la fête de l’indépendance le 9 décembre, Houmed Msaidie dit ignorer si la question Sambi sera évoquée ou non lors de la rencontre entre les deux chefs d’État. En revanche, il a tenu à réitérer qu’« aucun pays n’a de leçons à nous donner en matière de justice ». Ce qui est sûr, cette question préoccupe le nouveau gouvernement tanzanien. La preuve est l’envoi, fin aout dernier, d’un émissaire à Moroni. L’ancien chef d’État tanzanien Jakaya Mrisho Kikwete, puisqu’il s’agit de lui, a remis un courrier de M. Suluhu à M. Azali, et parallèlement essayé d’ouvrir l’espace de discussion pour que Sambi puisse bénéficier d’une évacuation sanitaire.
Ahmed Abdallah Sambi est détenu dans sa résidence de Voidjou au nord de la capitale depuis mai 2018. Il avait fait une déclaration publique contre la réforme constitutionnelle permettant au chef de l’État Azali Assoumani, élu en 2016 grâce à son soutien déterminant, de se faire réélire en 2019 pour un nouveau mandat jusqu’en 2024 au moins. Le 2 janvier 2020, le juge d’instruction chargé de son dossier l’avait autorisé « à partir à l’étranger pour des soins médicaux ». La Tanzanie était prête à l’accueillir mais les démarches avorteront un peu plus tard, les ténors du pouvoir étant divisés en deux clans sur le sujet. Le gouvernement a annoncé le 11 aout dernier la tenue de son procès « d’ici la fin de l’année », et celui du gouverneur déchu d’Anjouan, Abdou Salami Abdou, détenu depuis octobre 2018, « à partir du 31 aout ». Engagements non remplis, sans la moindre explication.
Andjouza Abouheir
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