Ce 25 octobre, l’ancien gouverneur d’Anjouan Abdou Salami Abdou vient de faire deux ans depuis qu’il est placé en mandat de dépôt par la juge d’instruction près de la Cour de sûreté de l’Etat, à la même date en 2018. À la suite de l’insurrection de la médina de Mutsamudu à Anjouan opposant civils armés et militaires, ladite Cour l’a poursuivi pour « sécession » et « meurtre » entre autres chefs d’accusation. Il est gardé dans un établissement hôtelier, une pension hautement surveillée à Mutsamudu, la capitale d’Anjouan, dans l’attente de son jugement.
Opposant farouche de la réforme constitutionnelle dont le processus a officiellement démarré en février 2018, le gouverneur d’Anjouan avait voulu organiser une manifestation géante dans son île en octobre, soit 3 mois après le référendum de juillet. Dans la nuit du dimanche au lundi 15 octobre, plusieurs centaines de personnes étaient venues à Mutsamudu, déterminées à battre le pavé dès le lendemain.
Selon une enquête de nos confrères de Masiwa qui avait dépêché une équipe sur place après les évènements, des éléments infiltrés ont ouvert le feu dès l’aube. L’allure de guérilla urbaine qu’a prise le mouvement a fait tomber des nues le sommet de l’exécutif insulaire qui, aussitôt après avoir compris les enjeux, a rapidement condamné l’utilisation d’armes à feu. Une condamnation ferme qui n’exemptera pas le gouverneur Salami d’une destitution et d’un placement en mandat de dépôt. Contre toute attente, c’est son secrétaire général qui se verra désigné administrateur de l’île pour lui succéder à Dar Nadja, et ce jusqu’au mois de mai de l’année suivante qu’il a dû passer le flambeau au gouverneur élu à l’issue des élections anticipées de mars et avril (2019).
Rappelons tout de même qu’Abdallah Mohamed, puisqu’il s’agit de lui, était la cheville ouvrière de l’organisation de cette manifestation. Toujours selon nos confrères de Masiwa, il a joué un rôle clé dans l’infiltration des éléments armés au sein du mouvement. De quoi légitimer l’arrestation de Salami, lui qui, avant de se rendre alors qu’il s’était cloitré au cabinet d’un proche médecin à Mutsamudu, a fièrement assumé son rôle d’organisateur et de financeur. Son mentor l’ancien président Sambi est aussi placé depuis le 20 aout 2018 en détention dans sa résidence de Voidjou transformée en prison annexe en attendant son procès. Il est poursuivi dans le cadre du dossier relatif au programme de la citoyenneté économique. Depuis le 19 mai (jusqu’à ce 20 aout), il a été assigné à résidence par…le ministère de l’intérieur, au lendemain d’une prise de parole en public pour s’opposer à la réforme de la Constitution.
TM
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