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Révision constitutionnelle / L'Opposition déterre la hache de guerre

Révision constitutionnelle / L'Opposition déterre la hache de guerre © : HZK-LGDC

La tension monte d’un cran entre les élus de l'opposition et le gouvernement. Ces derniers ont été violemment dispersés par la police anti-émeute ce samedi en voulant se rendre à la cour suprême pour déposer, disent-ils, une lettre adressée au président de cette institution. Un acte qu'ils ont condamné dans un communiqué publié ce jour-même.


La tension entre opposition et gouvernement se ravive après la publication du décret portant convocation du corps électoral pour un scrutin référendaire le 30 juillet prochain. Les élus de l'opposition ne comptent pas baisser les bras et maintiennent la pression sur le régime du président Azali Assoumani. Après la marche des élus, le meeting sur le perron du Conseil de l'île de Ngazidja, ces mêmes élus se sont rendus à la cour suprême pour disent-ils, déposer un mémorandum auprès du président de cette institution.

 

A l'arrivée sur l'esplanade de cette haute juridiction, ils rencontreront la résistance de la police nationale qui a dispersé sans ménagement en usant des gaz lacrymogène ces élus qui ont vite été rejoints par leurs sympathisants. Le député Tocha Djohar en prendra, d'ailleurs, plein dans ses yeux, une séquence immortalisée avec des images qui ont fait le tour des réseaux sociaux. Ces élus ne tarderont pas à réagir par un communiqué de presse publié dans la journée-même de cet évènement.          

 

« Ce samedi 5 mai 2018, une délégation de députés et conseillers des îles de l’opposition, bradés de leurs cocardes, s’est rendue à la Cour Suprême pour y déposer une lettre adressée au Président de cette institution, ainsi que le mémorandum signé par quarante-cinq députés et conseillers des îles.
A leur arrivée à l’entrée de la Cour Suprême, ils se sont vu interdire l’accès par le Groupement d’Intervention de la Police Nationale (GIPN) », lit-on.

« Les éléments du GIPN présents, apparemment sur ordre de leurs supérieurs hiérarchiques, ont bousculé sans ménagement les élus sur les marches de la Cour suprême et les ont poursuivis, au moment où ils les ont obligés de s’éloigner, pour les asperger de gaz lacrymogène », a-t-on poursuivi.

Des élus qui s'indignent d'un traitement « de la part de représentants des forces de l’ordre et d’une atteinte intolérable à la dignité des élus de la nation ». Ils mettent directement en cause le ministre de l’Intérieur Mohamed Daoudou, en le prenant « personnellement pour responsable de ce qui est arrivé et se réservent le droit de demander sa révocation par pétition ».

 

Autre condamnation, c'est « sur la passivité des Conseillers à la Cour Suprême qui ont observé la scène sans intervenir. Cette attitude laisse peu d’espoir sur l’impartialité et l’indépendance de cette institution qui accepte sans rechigner d’assumer illégalement les compétences de la Cour Constitutionnelle. Ce qui laisse présager un avenir sombre pour le scrutin référendaire annoncé ». Et eux d’appeler « toutes les forces vives du pays à condamner sans réserve de tels actes qui donnent une très mauvaise image de notre pays ». Pour l'heure les autorités et l’institution visée ont préféré garder le silence.

 

Maoulida Mbaé

 


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