La Gazette

des Comores

Révision constitutionnelle / Les Oulémas mettent en garde la classe politique

Révision constitutionnelle / Les Oulémas mettent en garde la classe politique © : HZK-LGDC

A moins d’une semaine du scrutin référendaire, les oulémas ont brisé le silence. Dans une conférence de presse tenue samedi dernier, ils s’expriment sur la « grave » situation qui prévaut dans le pays. Pour eux, le discours belliqueux tenu à la fois par le pouvoir et par l’opposition, entretient un climat de peur. Ainsi, les chefs religieux appellent tous les acteurs politiques à une table de négociation afin que la paix et la sécurité soient préservées en terre comorienne.


En présence du grand notable et ancien gouverneur Said Hassane Said Hachim, qui avait aussi lancé un appel au dialogue politique, la Ligue islamique de bienfaisance (Rabita Hayiriya Al-Islamiya), qui est une organisation de la société civile regroupant les oulémas comoriens, s’est exprimée pour la première fois sur la situation politique que traverse le pays. A travers son secrétaire général, les Oulémas expriment leur inquiétude sur les graves conséquences pouvant découler des évènements politiques actuels. « Nous suivons avec angoisse le caractère incontrôlable des évènements politiques, sociaux et sécuritaires ainsi que la dégradation de la cohésion nationale et de l’intégrité territoriale », déclare-t-il.

 

Les conférenciers se disent alarmés par les récents évènements, qui traduisent une recrudescence des divergences et des conflits au sein de la classe politique, entre gouvernement et opposition. Ils citent notamment la diffusion de propos à connotation sectaire ou insulaire, mais et aussi la sortie récente d’un groupe de jeunes manifestants munis d’armes blanches, dans la périphérie de la capitale.

 

Les chefs religieux qui s’abstiennent de prendre position dans le débat politique, appellent toutefois les parties concernées à mettre fin à la violence verbale actuelle et au discours provocateur et parfois de haine. « Nous exhortons les acteurs politiques de touts bords d’éviter tout ce qui peut mettre en danger la sécurité morale et la paix sociale », affirme Mohamed Outhmane, secrétaire général de la Rabitat qui appelle toutes les parties à s’abstenir de toute incitation à la violence. « Nous appelons au respect mutuel, au respect du peuple comorien et au respect de nos valeurs culturelles authentiques. Nous encourageons les responsables à protéger les leaders religieux, qui constituent naturellement un recours durant les périodes de divergences », dit-il.

 

D’après ce parole-parole, le transfert des compétences de la Cour constitutionnelle à la Cour suprême serait la source de cette nouvelle crise politique dans le pays. Les chefs religieux recommandent donc son rétablissement, tout en encourageant les parties prenantes à s’asseoir autour d’une même table, rassemblant les forces vives à tous les niveaux, politique, spirituel, social, pour aboutir à des échéances électorales conformes à la légalité juridique et l’éthique. Les oulémas « mettent en garde les responsables politiques et ceux qui tiennent les tribunes oratoires » contre les dérapages sur des sujets sensibles tels que la pratique de l’Islam, la foi, la Sunnat, le rite Chafiite, l’unité nationale, l’intégrité territoriale, la paix et la cohésion sociale, avant d’exhorter les autorités de laisser le discours religieux aux seuls oulémas. Leur message se résume donc « la politique aux politiciens et la religion aux religieux ».

 

Ibnou M .Abdou

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.