L’année 2025 avait débuté, à l’instar de la précédente, par des élections nationales et locales boycottées par une partie de l’opposition. Rattrapée par la bêtise humaine, elle a ensuite été assombrie par l’affaire Mikiro, suivie, à quelques semaines d’intervalle, de l’assassinat d’une jeune femme originaire de Ndrude, retrouvée morte dans un champ à Itsinkudi. À cela se sont ajoutés les déboires persistants des sociétés d’État (Sonede, Sonelec, Onicor) engluées dans une léthargie devenue presque structurelle. Quelques motifs d’espoir ont toutefois émergé, notamment avec le lancement de l’Assurance Maladie Généralisée (AMG) et la participation des Comores à la deuxième Coupe d’Afrique des Nations de leur histoire.
Dans un paysage politique plus que fragmenté, fortement marqué par l’élection présidentielle de janvier 2024 et les manifestations qui l’ont accompagnée, l’année 2025 s’est ouverte sur les élections législatives, dans une dynamique similaire. Celles-ci ont confirmé la domination du parti au pouvoir, qui a raflé la quasi-totalité des sièges, à l’exception de trois circonscriptions. Conséquence directe de ce scrutin, le chef de l’État, Azali Assoumani, a procédé en avril à un remaniement gouvernemental, le deuxième depuis la présidentielle de janvier 2024. Profondément rajeuni, ce nouveau gouvernement porte l’empreinte du secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali, présenté comme ayant personnellement pesé dans le choix des membres.
L’année 2025 a également été marquée par une intense activité judiciaire. Au mois de juin, vingt-et-un procès d’assises ont été organisés, majoritairement liés à des affaires de violences. Le fait le plus marquant de l’année demeure toutefois l’assassinat d’Hikimat Hamada, survenu dans la nuit du 31 janvier 2025. Employée dans une agence de transfert d’argent à Mbeni, la jeune femme était partie ce jour-là retirer des fonds pour les besoins de son travail. Ce déplacement sera le dernier. Elle est retrouvée le lendemain, assassinée par celui en qui elle avait placé toute sa confiance, Nassurdine Ahamada, alias Mikiro.
Après une première moitié d’année marquée par les tensions politiques et les drames judiciaires, le calendrier national a laissé place, à l’été, aux commémorations et aux symboles, entre célébrations officielles et émotions collectives. Au mois de juillet, à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance nationale, de nombreux événements ont été organisés à travers le pays. Plusieurs chefs d’État africains ont pris part à la cérémonie officielle du 6 juillet au grand stade de Maluzini, rebaptisé pour l’occasion Stade du Renouveau, slogan du pouvoir en place. Cette période a également marqué le 20ᵉ anniversaire de l’adhésion des Comores à la FIFA. Mais l’année 2025 fut aussi celle du deuil pour le monde du football, et au-delà : trois jours après ces célébrations, le père fondateur du football comorien, Salim Tourqui, s’est éteint, plongeant le pays dans une profonde émotion.
Après un été marqué par les commémorations et les émotions nationales, la fin de l’année 2025 a laissé émerger, plus discrètement, des motifs de satisfaction, tant sur le plan sportif que social. Au mois de novembre, la pétanque comorienne est revenue des Championnats d’Afrique avec une médaille d’argent en tir de précision et une médaille de bronze en individuel, les deux premières distinctions continentales du pays dans cette discipline. Sur la vingtaine de nations engagées, les Comores ont également décroché la première place qualificative pour les prochains Championnats du monde, prévus à Kuala Lumpur. Un exploit sportif majeur, passé presque inaperçu, hormis une sobre réception organisée au ministère de la Jeunesse. Autre note positive en cette fin d’année : la mise en place de l’Assurance Maladie Généralisée (AMG). Le 14 décembre, après une phase d’expérimentation entamée en juin, une deuxième phase pilote a été lancée, avec le déploiement des équipes administratives, la convention des structures de santé (hôpitaux, laboratoires, pharmacies) et l’affiliation des ménages. Selon les autorités, cette phase devrait concerner plus de 60 000 personnes.
Le 21 décembre, devant près de 70 000 spectateurs et près d’un milliard de téléspectateurs à travers le monde, les Comores ont disputé le match d’ouverture de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations face au pays hôte, le Maroc. Un rendez-vous planétaire qui dépasse le cadre du sport et pourrait, à terme, ouvrir des perspectives positives pour l’image et le rayonnement du pays. En dépit des épreuves et des défis, l’année 2025 aura montré que les Comores savent allier résilience, fierté et ambition, ouvrant la voie à un avenir à la fois prometteur et rassembleur.
Imtiyaz
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC