Le retour du colonel Azali au pouvoir dix ans après l’avoir quitté, au terme d'une élection aux multiples péripéties, la surprise Hassani Hamadi que personne n'avait vu venir, au gouvernorat de l'île de Ngazidja, et la motion de défiance contre l’exécutif de Ngazidja marqueront une année 2016 riche en rebondissements politiques.
Le retour d'Azali au palais de Beit-Salam reste le fait marquant de l'année 2016, dix ans après une traversée du désert pendant laquelle son parti politique la Crc, sera laminé dans les principales élections où il a participé. Une reconquête du pouvoir qui se fera sans panache et grâce à une coalition surprenante avec son ancien adversaire et président d'honneur du parti Juwa Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Pour arriver à Beit-salam, le colonel et sa coalition feront un parcours du combattant au terme d'une élection aux multiples rebondissements.
De la primaire à l'élection générale en passant par le fameux « troisième tour » ordonné par la Cour constitutionnelle, la victoire de celui qui va porter désormais le nom d'Al Imam Azali a été arrachée de bonne guerre. En face de lui le puissant vice-président et argentier du pays Mohamed Ali Soilih mettra du temps pour digérer sa défaite.
Dans cette épisode la plus sombre de la démocratie aux Comores est la surprenante décision d'un candidat pourtant arrivé dans le trio de tête a désisté au profit d'un autre candidat dans l’élection partielle à Anjouan décidée par la haute cour. Un ralliement qui ne dit pas son nom entre Mouigni Baraka arrivé en 3ème position qui va rejoindre Mohamed Ali Soilih placé deuxième à l'élection générale.
« Les partielles de tous les dangers », avaient titré les principaux journaux de la place au lendemain de la décision du juge du contentieux électoral de convoquer à nouveau les électeurs des quelques bureaux de vote saccagés à Anjouan.
Dans cette même période, la surprise viendra par contre du coté de Hassani Hamadi que personne n'a vu venir au palais de Mrojou. Élu avec plus de 60% de voix, le candidat du parti Cran placé comme étant un outsider défiera tous les pronostics et battra le candidat du pouvoir au terme d'une victoire éclatante. Cet économiste de formation et enseignant à l'université des Comores profitera de l'engouement des jeunes universitaires pour s'imposer dans une élection que personne n'osera parier un centime pour sa victoire.
Mais l'année 2016 aura son revers de la médaille avec les quelques 3000 jeunes licenciés par le nouveau pouvoir, dans diverses administrations publiques, pour avoir été recrutés sur des bases électoralistes au mauvais moment. La motion de défiance contre l’exécutif de Ngazidja qui sera ignorée de facto par le locataire de Mrodjou vient boucler une année qui a vu le renouvellement total des exécutifs de l'État et des îles Autonomes.
Maoulida Mbaé
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