La Gazette

des Comores

Référendum constitutionnel / Un vice-président et deux gouverneurs interpellent la Communauté internationale

Référendum constitutionnel / Un vice-président et deux gouverneurs interpellent la Communauté internationale © : HZK-LGDC

Le vice-président de Ngazidja, le gouverneur d’Anjouan et celui de Ngazidja ont saisi la communauté internationale. Dans un communiqué commun ces trois grands élus de la nation ont donné leur point de vue sur la crise politique que traversent actuellement les Comores.


Djaffar Ahmed Said, Hassane Hamadi et Salami Abdou Salami appellent à un consensus national. « Nous avons l’impérieux devoir de sauvegarder l’unité et la cohésion sociale, ne pas semer la haine entre les comoriens et ne pas ouvrir la voie à d’autres épisodes malheureux du séparatisme qui a tant affecté notre pays », lit-on dans le communiqué conjoint des trois élus. Le référendum de révision constitutionnelle prévue le 30 juillet prochain par le président de la République continue en tous cas de faire couler beaucoup d’encre et de salive. « Les recommandations des Assises Nationales », serait le fruit d’un copinage gouvernemental qui « permettrait à l’actuel président de se maintenir au pouvoir ».

 

Mais pour le régime ces dernières sont les « propositions » que les comoriens ont fait sur les reformes à adopter pour des « institutions stables » et une « constitution fiable » pour le développement et l’émergence du pays. Djaffar Ahmed et les deux gouverneurs restent convaincus que « sans l’instauration d’un Etat de droit, le développement restera hypothétique ». «A ce titre, il ne peut nous échapper que la voie sur laquelle le pays est engagé met en danger ces acquis et par conséquent compromet nos efforts pour son développement socio-économique », notent-ils.

 

Dans ce même communiqué, ils éclairent la Communauté internationale sur les dernières réalisations politiques et institutionnelles du président de République. La dissolution de la Commission nationale de prévention et de lutte contre la corruption, le transfert des compétences de la Cour Constitutionnelle à la Cour Suprême, le non renouvellement du mandat de la Commission nationale des droits de l’homme et la mise à mal de l’Etat de droit mais aussi des libertés individuelles et collectives, en parlant notamment des libertés de manifester pacifiquement, de s’exprimer, de se réunir et de circuler librement ont fait l’objet de cette lettre.

 

A travers ce document conjoint inédit, les trois élus ont exprimé leur crainte. « Que dire quand des députés, élus de la nation, sont arrêtés arbitrairement, détenus et humiliés par une pseudo-police et que d’anciennes autorités sont interdites de quitter le territoire ou même de se rendre d’une île à une autre ?», s’indignent-ils. Les trois signataires se questionnent notamment sur la forme adoptée suite à la convocation du corps électoral. De leur point de vue, l’absence du projet de la révision constitutionnelle et le non-respect du délai de 90 jours pour la mise en place des CEI (commissions électorales insulaires) rendent ce processus illégitime.

 

« En effet, comment peut-on convoquer tout un peuple à répondre par oui ou par non à une question dont il n’est pas informé du contenu ?», se demandent-ils. Dans ce contexte, le vice-président et les deux gouverneurs considèrent cet acte comme un « mépris aux textes qui régissent la République ». Pour finir, ils expriment leur regret du fait que le président de la République n’ait pas pensé à consulter « les grands électeurs ». Selon eux, il « aurait dû consulter formellement les grands élus sur l’opportunité du référendum tant sur le fond que sur la forme». Les trois personnalités dénoncent la non consultation des vice-présidents comme le stipule la constitution lors des prises de décision qui engagent l’avenir de la nation. Raison pour laquelle ils demandent « le rétablissement immédiat de la Cour Constitutionnelle et le respect des libertés individuelles et collectives garanties par le constitution ».

 

A.O Yazid

 


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