Bourrages d'urnes, intimidations multiples et manipulations du processus électoral, tel est le constat dressé par Hamidou Karihila, candidat indépendant dans la 29e circonscription de Hamahamet, lors de sa déclaration faite hier à Mbéni. Trois jours après le scrutin du 12 janvier, Karihila a salué ses électeurs tout en dénonçant les irrégularités et fraudes qui auraient entaché le déroulement du vote. Malgré sa déception, il a affirmé que le combat pour la transparence et la justice électorale continuerait sans relâche.
24 heures après la proclamation des résultats provisoires par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), Dr Hamidou Karihila, classé en deuxième position, a tenu à faire une déclaration à M'béni, capitale de la 29e circonscription (Hamahamet). Il a montré sa déception, tout en annonçant que le combat pour la justice et la transparence électorale va continuer. « Je tiens à saluer la ville de M'béni pour la confiance qu'elle m'a témoignée », a débuté Karihila, en soulignant que les résultats sortis des urnes dans cette ville, bastion traditionnel de l’opposition, lui avaient donné un score impressionnant de 92%. Cependant, il a immédiatement critiqué les résultats du scrutin, affirmant que la ville de M'béni, bien que traditionnellement opposée au pouvoir en place, avait été victime de fraudes orchestrées par le parti au pouvoir. « Si les élections avaient été menées de manière sincère et objective, je serais l’élu député de Hamahamet sans problème », a-t-il ajouté.
Karihila a dénoncé ce qu’il a qualifié de "mercenaires" dans le camp adverse, notamment les méthodes illégales utilisées pour influencer le résultat des élections. « Dans plusieurs bureaux de vote, mes représentants ont été empêchés d’assister au processus électoral sous la contrainte d’armes », a-t-il déploré. Il a pris pour exemple le bureau de Moidja, où il était présent pour défendre ses droits, mais en vain. Il a également évoqué des tentatives de corruption de la part de son adversaire (CRC), affirmant que certains de ses représentants lui avaient rapporté que son rival avait proposé de l'argent et des voyages à l’étranger pour les inciter à participer au bourrage d’urnes.
Au-delà de ces irrégularités, Karihila a souligné des anomalies dans plusieurs villages, citant en particulier Seleyani et Batou, où il a constaté que le nombre d’inscrites ne correspondait pas au nombre de votants. « Cela soulève des questions sur l’intégrité des résultats dans ces zones », a-t-il déclaré. En outre, il a évoqué les menaces persistantes à l'encontre de sa famille, originaire du village de Mnougou, localité de son adversaire, qui aurait subi des pressions continues depuis le jour du scrutin. Malgré ces accusations et les résultats défavorables, Karihila a assuré à ses partisans qu'il poursuivrait son engagement politique. « Je reste un homme politique. C’est un travail que j’ai choisi, et je ne peux pas faire autre chose que cela », a-t-il conclu, exprimant sa détermination à continuer la lutte pour la justice et la transparence électorale.
Il convient de rappeler que les résultats de la CENI proclamés le 14 janvier, ont donné un taux de participation de 65,45%, avec 13 399 inscrits et 8 770 votants. Le candidat Mbaé Mohamed du parti CRC a remporté l’élection avec 6 089 voix, soit 71,94 %, tandis que Hamidou Karihila a obtenu 2 375 voix, soit 28,06%. Malgré la défaite apparente, Karihila reste ferme sur sa position, rejetant ce qu’il considère comme une victoire obtenue sur des bases frauduleuses et jurant de poursuivre son combat pour la justice et la vérité.
Ibnou M. Abdou
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