Face à une actualité brûlante, l'ancien chef de l'État Ahmed Abdallah Mohamed Sambi sort de son silence. Dans une vidéo postée dans les réseaux sociaux, il s'insurge contre la décision du gouvernement de rompre ses relations diplomatiques avec le Qatar. Et de qualifier cette décision d'une faute grave.
« Cette rupture diplomatique avec le Qatar n'est ni dans l’intérêt de la nation, ni du peuple comorien », a d'emblée déclaré l'ancien président de la République Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, marquant ainsi sa désapprobation par rapport à la décision du gouvernement de rompre les relations diplomatiques avec le Qatar par solidarité avec l'Arabie Saoudite. Il dit être persuadé que cette décision n'est pas partagée par la grande majorité de la population comorienne.
Il pense que l’intérêt, la place et l'honneur pour le gouvernement comorien serait de se ranger au coté des pays qui œuvrent dans la voie d’un apaisement. « Mais nous positionner dans ce conflit contre le Qatar, un pays ami est une faute grave », a-t-il déclaré. Et de continuer : « Quel mal nous a fait le Qatar. Nous a-t-il manqué de respect ? Nous a-t-il déclaré la guerre ? Pour prendre une telle décision, il faudrait une bonne raison qui la justifie ».
Le président d'honneur du parti Juwa fait savoir que la démarche qui devait être celle des Comores est l’amélioration des relations avec l'Arabie Saoudite, les Émirats, le Qatar et pour la même occasion, dit-il, ramener la paix et la stabilité, lorsque des pays « frères » sont en conflit. Et lui de rappeler les aides et les soutiens que le Qatar apporte au bénéfice des Comores.
« Mes chers frères, croyez moi. Il est plus facile de détruire que de construire, a-t-il fait observer, répétant que la décision est une faute majeur qui a blessé tous les comoriens et mis en danger le principe de neutralité de mon pays », a-t-il indiqué. « Si demain ces pays se réconcilient, je me demande si le Qatar accepterait de renouer les relations diplomatiques avec nous », s'est-il interrogé. L'ancien chef de l'État appelle par ailleurs les autorités comoriennes à être des artisans qui œuvrent pour la paix surtout, dit-il, envers les pays avec qui son pays n'a pas de conflit.
Sambi a tenu à prendre l’opinion à témoin qu'il n'a été à aucun moment consulté et qu'il aurait dit sa désapprobation, s'il cela avait été le cas. Connaissant les liens forts qui unissent l'ancien président et l’émir du Qatar, c'est une façon claire de se démarquer, en dépit du fait que c’est un ténor de son propre parti qui se trouve actuellement à la tête de la diplomatie comorienne.
Maoulida Mbaé
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