Le président de la république a reçu hier jeudi les maires des trois îles. Ces derniers ont exposé devant le chef de l’Etat les problèmes auxquels ils sont confrontés dans leurs fonctions. Ils ont parlé du statut des maires, de la question des hôtels de ville et du budget.
L’ensemble des maires des Comores étaient au Palais de Beit-Salam pour exposer leurs doléances en tant que premiers magistrats des communes. Le secrétaire général de l’association nationale des maires était choisi pour parler au nom de l’ensemble des maires. Ce dernier a commencé par la question du statut des maires. Depuis huit jours, les maires travaillent sur ce point pour pouvoir un jour avoir un statut spécifique. « Nous sommes maires depuis plus de 33 mois. Si le statut n’existe pas, c’est comme la fonction que nous occupons n’a pas d’existence. On doit à tout prix obtenir ce statut », lance Abdallah Abdou, le secrétaire général de l’Association Nationale des Maires.
La construction des hôtels de ville est le deuxième point évoqué devant le président de la République. Ils se demandent sur ce processus et ne savent pas pourquoi les travaux se sont arrêtés. « Aujourd’hui, les maires ont pris un simple local pour abriter les mairies et ce n’est approprié au regard de notre fonction », poursuit-il. Enfin, ils se sont attaqués à la question du budget.
Au titre du budget 2017, les mairies avaient leurs parts pour bien fonctionner. Mais jusqu’aujourd’hui, ce budget se résume à quelques 6 millions de francs comoriens depuis leurs prises de fonctions. « Chaque fois qu’on veut faire quelque chose, on est bloqué car on n’a plus de budget disponible », dit-il, avant de préciser que « depuis qu’on est là, on nous a donné 5 millions et on a acheté une voiture pour le fonctionnement et tout récemment, on nous a donné un million chacun. Et je pense que dans ces conditions, on n’ira pas loin ». Les maires demandent au chef de l’Etat de les introduire dans la chaine de dépense de l’Etat.
Attentif, le président de la république reste convaincu qu’il n’est jamais trop tard pour mieux faire. Il trouve légitime les doléances des maires et s’engage à s’y atteler et à trouver une solution à ces problèmes. « Depuis le départ, je savais que ça ne va pas être facile pour les maires. Je suis disposé à travailler avec vous car c’est en partant sur de bonnes bases avec les mairies qu’on peut atteindre le cap de l’émergence », déclare Azali Assoumani. Le locataire de Beit Salam reconnaît qu’il a eu quelques soucis sur le budget « ambitieux » de 2017, mais tout sera réglé par la loi rectificative des finances. « On va tirer les leçons de ce qui s’est passé pour mieux faire dans l’avenir », conclut-il.
Mohamed Youssouf
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