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Rencontre entre le président et les Grands Elus / Gouverneur Salami : « Un référendum, quel référendum ? »

Rencontre entre le président et les Grands Elus / Gouverneur Salami : « Un référendum, quel référendum ? » © : HZK-LGDC

Le président Azali Assoumani a reçu les grands Elus à Beit Salam ce lundi alors que le Haut représentant de l’Union africaine, Ramtane Lamamra est attendu ce mardi. Présent à la rencontre, le gouverneur de l’île d’Anjouan, Salami Abdou Salami a fait une déclaration à la presse, à la fin de l’entrevue. Celui-ci ne reconnaît toujours pas le référendum du 30 juillet et a affirmé « que le président Azali a tenu à parler de tout sauf des problèmes ». La tâche de Ramtane Lamamra s’annonce d’ores et déjà, très compliquée.


Le Haut représentant de l’Union africaine, Ramtane Lamamra, est attendu ce mardi pour favoriser un dialogue entre les différentes parties prenantes au vu de la crise politique qui prévaut. Nul ne se doutait que la tâche serait titanesque au vu des divergences qui tiraillent opposition et pouvoir. La première ne reconnaît toujours pas le référendum et le deuxième axe ses priorités sur l’organisation d’élections présidentielles (et des gouverneurs) anticipées. Hasard du calendrier ou non, le président de la république a convié les Grands Elus à Beit-Salam à la veille de la venue de Ramtane Lamamra.

 

S’y trouvaient, les gouverneurs Mohamed Fazul, Abdou Salami, celui qui assure l’intérim de Hassan Hamadi ainsi que le président de l’Assemblée nationale, Abdou Ousseni. A la fin de l’entretien, le gouverneur Salami a accepté de faire une déclaration à la presse. Celle-ci a été sans ambiguïté. « Le président de la république, en tout cas, tel que moi j’ai compris, a tenu à ce qu’on parle de tout sauf des problèmes », a-t-il d’emblée affirmé. Comprendre, l’organisation des élections anticipées telles que prévues par la constitution révisée. A la question de savoir s’il reconnaissait le référendum, il répondra par une autre : « y a–t-il eu un référendum ? », prouvant que sa position n’a pas changé d’un iota.


Vraisemblablement, selon notre interlocuteur, certaines positions étaient déjà tranchées. Et les discussions au vitriol : « Chacun avait ce qu’il avait à dire, certains en ont profité pour déverser leur haine sur d’autres », a-t-il révélé, ajoutant aussitôt qu’il en « parlerait plus en détails, un jour ». Le quotidien Masiwa, de ce lundi, a par ailleurs révélé que le gouverneur Salami allait faire l’objet d’une arrestation, dans le cadre de l’enquête sur la tentative d’attentat perpétré contre Moustradrane Abdou alors qu’il était encore vice-président.

 

Interrogé, il répondra « je l’ai dit au président Azali, je ne suis pas du genre à fuir mes responsabilités, même si celui qui a un mandat pour procéder à mon arrestation me prévient à l’avance, loin de fuir, je lui fournirai mon adresse». A cet instant précis, un des conseillers en communication de Beit-Salam a décidé de mettre fin à la conférence de presse, donnée il est vrai, sur le perron de la résidence présidentielle.


Faïza Soulé Youssouf

 

 


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