Presque deux mois après les élections législatives, le président de la République a enfin dévoilé la composition de son nouveau gouvernement. Cette annonce était attendue depuis l’ouverture le 4 avril dernier de la 11 ème législature, qui compte plusieurs ministres élus députés. La majorité parlementaire étant exclusivement acquise au parti présidentiel (la CRC), ce remaniement ministériel s’inscrit davantage dans une logique de continuité plutôt que de rupture.
Parmi les principales figures de ce nouveau gouvernement, Mohamed Ahamada Assoumani
prend les rênes du ministère de l’intérieur, succédant à Fakridine Mahamoud Mradabi. Ancien
secrétaire général de l’Assemblée de l’Union, ce haut fonctionnaire réputé pour sa
connaissance fine de l’administration publique est présenté comme un choix stratégique dans
un ministère souvent au cœur de polémiques, malgré un bilan sécuritaire plutôt satisfaisant.
Mais le nouveau premier flic du pays se trouve aussi être le nouveau maire de la capitale,
Moroni.
Cinq autres personnalités, plus ou moins inconnus du paysage politique, découvrent
également les coulisses du pouvoir pour la première fois. À la Santé, Ahamadi Sidi Nahouda
remplace Dr Nassur Ousseine Houmadi, encore méconnu du grand public. À la Justice,
Anfani Hamada Bacar aura pour mission de redonner de la consistance à un ministère
fragilisé depuis le départ de Djae Ahamada Chanfi et la transition discrète de son successeur,
Saïd Omar Houmadi.
Autre figure notable, Mohamed El-Had Houmadi, ancien rédacteur en chef de l’ORTC et
acteur engagé du monde sportif, notamment dans le football à Ndzouani. Fortement impliqué
dans la campagne présidentielle et dans l’élection de la députée Inayati Sidi, qu’il remplace,
sa nomination apparaît comme une juste récompense pour sa loyauté politique au régime
d’Azali.
Deux femmes vont siéger au sein de ce nouveau gouvernement, marquant une volonté
d'ouverture, même timide, à la parité. En plus de la porte-parole du gouvernement, Fatima
Ahamada qui garde son portefeuille, Hassane Alfeine Yasmine prend la tête du ministère des
transports en remplacement d’Andil Lieda. Enfin, Chekidine Said Madi est nommé ministre
de l’aménagement du territoire, clôturant la liste des nouveaux entrants.
Ce remaniement, bien que sans surprise majeure, confirme la volonté du chef de l’État de
garder la main sur l’appareil exécutif, en plaçant aux postes régaliens de l’Etat, notamment le
ministère des affaires étrangères et celui de l’intérieur, un profil expérimenté et loyale tout en
maintenant une certaine ouverture envers la jeune génération émergente, dont la moyenne
d’âge ne dépasse pas la quarantaine.
Imtiyaz
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