En déplacement à Anjouan ce week-end, le président de la République a réuni l’ensemble des représentants religieux de l’île pour leur adresser un message. Selon le communiqué de presse de la présidence, le message du chef de l’Etat était clair : unité des Comoriens dans la religion et responsabilité des chefs religieux pour préserver cette unité. En ligne de mire, implicitement, le chiisme aux Comores.
Azali Assoumani a rencontré l’ensemble des Oulémas de l’île d’Anjouan, le week-end. Une réunion qui portait essentiellement sur « l'unité des Comoriens dans la religion et la responsabilité des responsables religieux pour la préservation de cette unité ».
« Notre religion est une, et ce depuis un millénaire. Notre religion est le ciment qui compose notre cohésion sociale. Nous devons la conserver pour la transmettre aux générations futures», a déclaré Azali Assoumani qui a parlé de la « fragilité de notre religion », pointant du doigt le chiisme, une des trois branches de l'islam. Une remarque lourde de sens venant d'un dirigeant d'un pays majoritairement sunnite.
Citant les exemples syrien, yéménite et libanais, Azali Assoumani a mis en garde des dangers d’une guerre de religion. Une réalité dans plusieurs pays musulmans où une lutte intestine entre chiites et sunnites fait rage. « Le corps religieux est comme un garde-fou et gage de stabilité dans le pays », a précisé le chef de l'Etat qui ne voit pas d'un bon oeil l'émergence du chiisme dans l'archipel, un phénomène qui n'a pas été chiffré mais dont les autorités semblent redouter.
Pour assurer l'unité du pays selon le président, il incombe aux responsables religieux de s'impliquer sur cette question qui préoccupe le gouvernement d'Azali. Ce dernier rappelle le rôle primordial des Oulémas face aux dangers du séparatisme. Face aux dangers qui « minent l’unité comorienne dans la religion », le président a rappelé le rôle primordial des Assises Nationales dans la définition et la préservation du cadre religieux du pays.
« Construire un cadre nous permettant de préserver notre précieux héritage et définir clairement le rôle des responsables religieux, tel sera notamment le rôle des assises nationales», dira Azali. Il ajoutera: « La participation des responsables religieux dans la tenue des assises est une nécessité pour préserver un climat de sérénité et de paix dans la religion. Après tout, s’asseoir et discuter est la première qualité d’un croyant ».
Mohamed Youssouf
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