L’accalmie risque d'être de courte durée entre le gouvernement central et l’exécutif de Ngazidja. Si les causes de la frustration semblent nombreuses, l’exécutif de l'île préfère mettre en avant le fait que l'île soit ignorée dans la rédaction des conclusions des assises après avoir été au premier plan pendant l'organisation.
Le risque d'un retour des vieux démons de l’époque du conflit des compétences entre l'Union et les îles se fait sentir. L'exécutif de l'île de Ngazidja est sur le point de lâcher le gouvernement de l'Union. La situation est telle qu'elle a été amplement discutée au conseil des commissaires qui s'est tenu hier jeudi à Mrodjou, siège du gouvernorat de l'île.
Issihaka Mdoihoma commissaire à la fonction publique de l'île et porte parole de l'exécutif dans des propos on ne peut plus clairs, reconnaît cette relation tendue au plus haut sommet. « Il y a des relations qui ne sont pas très bonnes entre le président et le gouverneur (...) Mais nous espérons qu'elles vont se rétablir au profit du pays », a-t-il déclaré. Et lui de promettre des relations tendues encore davantage au cas où le conflit devait continuer.
« Mais si par exemple la situation actuelle persiste, on risque de vivre un conflit entre l'exécutif de Ngazidja et le gouvernement », a-t-il soutenu. Avant d'insister : « Mais nous espérons qu'une solution sera retrouvée dans les meilleurs délais pour que les travaux commencés puissent s’achever conformément aux objectifs des exécutifs et dans l’intérêt de la population ».
A l'en croire, les causes de cette frustration soudaine de Mrodjou seraient notamment liées à l'après assises, car l'île aurait, semble-t-il, le sentiment d'être oubliée par Beit-Salam (Présidence de la République). « L'exécutif de l'île a été une des parties prenantes des assises nationales. Après la clôture, on espérait qu'il y aurait une commission devant rédiger le rapport final. Malheureusement on a noté que l'exécutif de Ngazidja n'a pas été impliqué dans la rédaction de ce rapport », a-t-il fait observer.
Le pays n’est donc pas à l’abri de nouveaux soubresauts, si l'exécutif de l'île mettait à exécution ses menaces. Mais il est probable qu'on n’en arrive pas là. Car le président de la République ne pourrait pas se permettre d'ouvrir un second front, après celui d’avec l'exécutif d'Anjouan.
Maoulida Mbaé
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC