De Moroni à Paris, la diplomatie réalise un sans faute sur la question des refoulés de Mayotte, véritable enjeu des rencontres marathons organisées entre diplomates comoriens et français. Le communiqué conjoint signé à Moroni tout comme celui publié par la partie comorienne à l'issue de la réunion de Paris du 19 avril n'ont laissé présager aucune avancée majeure. Ce qui n'est pas sans irriter la classe politique mahoraise, accusant ouvertement le gouvernement français de passivité.
Comme celle organisée à Maroni au début de ce mois, la rencontre de Paris n'a rien donné au final. La délégation comorienne revient à Moroni sans rien céder sur toute la ligne, notamment sur l'épineuse question des refoulés de Mayotte à l'origine des sanctions ciblées infligées aux officiels comoriens, prises par le gouvernement français dans le but de calmer la tension à Mayotte.
Le communiqué publié par le ministère comorien des affaires étrangères à l'issue de la rencontre de Paris en dit long sur les difficiles négociations entre les deux pays. « Les travaux des délégations techniques ont été reportés à une date ultérieure, pour permettre aux deux parties d’affiner leurs positions en vue de parvenir à asseoir durablement de solides orientations par rapport à la situation à Mayotte et pour aboutir à une relation apaisée entre les deux pays », peut-on lire dans ce communiqué laconique publié le 19 avril à Paris.
Le portail officiel de la diplomatie française se contentera d'une brève sur Jean-Yves Le Drian et Mohamed El-Amine Souef, sur des échanges qui font suite à celles amorcés lors de la visite, la semaine dernière, du secrétaire d’État, Jean-Baptiste Lemoyne, à Moroni. Une séquence de contacts de haut niveau dont « la France entend obtenir des réponses claires aux problèmes immédiats liés aux décisions récentes de l’Union des Comores concernant ses ressortissants en situation irrégulière à Mayotte, améliorer ensemble la maîtrise de la circulation des personnes et poser les jalons d’une coopération renouvelée dans l’intérêt de nos deux pays ».
Un retour à la case départ donc, faute de compromis pour une reprise des reconduites comme semblent l'exiger les élus mahorais. A Paris Mohamed Souef El Amine ministre comorien des affaires étrangères reste imperturbable et cohérent sur la question épineuse des reconduites, véritable enjeu des rencontres entre les diplomates comoriens et français. Pour lui, pas question de lever l'interdiction faite aux bateaux et avions qui transporteront des comoriens refoulés de Mayotte.
Le chef de la diplomatie comorienne aurait également dans les discussions internes, posé des préalables notamment des primes d'accompagnement pour les « reconduites volontaires » et l'assouplissement sur le visa Balladur. On avance même le chiffre de 650 euro pour chaque personne refoulée. Des informations difficiles à vérifier et du coté français et du coté comorien, tellement les deux ministères restent pour le moment muet sur les détails des discussions. A Mayotte, c'est l'étonnement pour la classe politique, irritée parce qu'elle considère comme de la passivité supposée du gouvernement français sur la question des reconduites.
Maoulida Mbaé
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC