Hachim Said Hassane candidat aux primaires des dernières élections présidentielles appelle le président de la République a reconsidérer sa décision d'organiser un référendum constitutionnel. Une décision, d'après-lui, suicidaire et aux conséquences graves pour le chef de l'État qui devait d'après-lui se concentrer sur son quinquennat.
Plus on se rapproche de la période de campagne référendaire, plus les enchères verbales se multiplient. Dernière en date sont celle de Hachim Said Hassane qui, dans une conférence de presse, tire à boulet rouge sur le locataire de Beit-Salam. « Cela fait presque deux décennies que je suis devenu acteur de la scène politique du pays. Mais face aux décisions aux conséquences fâcheuses prises par le président Azali dans le but de se maintenir au pouvoir, je me devais de réagir », a-t-il d'emblée déclaré.
L'ancien candidat aux dernières présidentielles, recalé par la cour constitutionnelle, dénonce dans un franc-parler qui lui est familier, les « dérives dictatoriales » du colonel Azali. « Nous avons pensé que vous alliez marquer votre retour au pouvoir par la lutte contre la délinquance juvénile, contre la prostitution, l’oisiveté de la jeunesse. Que vous prendrez des mesures en faveur de nos pêcheurs et agriculteurs », a-t-il fait savoir. « L'éducation est en berne et devient de plus en plus chère, tout comme la santé. Je ne pense pas que si cela était le cas, vos parents auraient réussi à assurer votre éducation », a-t-il poursuivi.
Hachim Said Hassane appelle le président de la République à se ressaisir et à reconsidérer sa décision d'organiser des consultations sur une révision constitutionnelle. « Vous allez droit à l'échec en voulant modifier la constitution pour vous maintenir au pouvoir. Vous savez pertinemment que la majorité des comoriens va les rejeter. Mais vous croyez pouvoir passer par la force. Sachez le bien que toute dictature à sa fin », a-t-il martelé, citant l'exemple de Sadam Houssein, Kaddafi, Mubarak qui ont pour certains connu des fins tragiques.
A l'en croire, les anjouanais, dont la tournante devait revenir à un natif de cette île, dans l'actuelle constitution, ne sont pas des gens à se laisser faire et qu'ils n'ont pas besoin de « l'aide de quiconque pour défendre leur droit. Vous avez vu que pendant six ans, ils vous ont fait miroiter. Je vous exhorte à nouveau de vous ressaisir. Car cette décision est très dangereuse et aura des conséquences pour vous, mais aussi pour votre entourage ». Et de continuer : « sachez que nous allons nous mobiliser à l'intérieur comme à l'extérieur pour faire barrage à votre plan. D'ailleurs à l'extérieur l'on commence à s'organiser. Vous savez (président Azali) que les comoriens vous ont déjà désavoué ».
Autre grief que le président de la fondation des Comores porte sur le chef de l'État et « le mépris sur les us et coutumes des comoriens ». Pour ce notable de son État, le président de la République a franchi le seuil du rubicond au moment il s'attribue les apparats du notable, un geste qui avait soulevé une tempête de réactions. « Vous devez savoir que le titre de notable ne s’acquiert pas comme ça. Apprenez qu'il y a des gens qui sont endettés pour avoir ce titre que vous usurpez aujourd'hui », fait-il observer. A noter qu'au cours de cette conférence de presse qui sonne comme une rentrée politique, ce fils de l'ancien gouverneur de Ngazidja Said Hassane Said Hachim a été rejoint par des figures politiques de l'opposition notamment, l'ancien gouverneur Mouigni Baraka et le secrétaire général du parti Juwa Ahmed Barwane.
Maoulida Mbaé
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