Le gouverneur Hassani Hamadi très remonté contre le gouvernement. A Hantsindzi au nord de Ngazidja où il a participé à l'inauguration d'un poste de santé, il a eu du mal à contenir sa colère. Hassane Hamadi se plaint d'être mis au régime sec.
Le gouverneur de Ngazidja brandit indirectement, la menace de boycott du referendum constitutionnel prévu pour le 30 juillet prochain. Hassane Hamadi qui ne pardonne pas le chef de l'État de l'avoir, semble-t-il, écarté des décisions de « l'après assises » auxquelles, il avait activement pris part. Il semble prendre sa revanche dans le referendum visant à la révision de la constitution en refusant de désigner les trois représentants de l'île devant siéger dans la commission électorale indépendante insulaire (Ceii).
A Hantsindzi dans la région de Mboikou à l’extrême nord de Ngazidja le locataire du palais de Mrodju ne décolère pas et le fait savoir sans détour. « Le ministre de l'intérieur m'avait saisi par courrier pour désigner trois personnes pour les Ceii. Je ne les ai pas désignés car je ne peux pas cautionner un referendum dont on ne connait même pas la question qui va être posée. On m'a rappelé mais je n'ai pas désigné et je ne désignerai personne », a-t-il persisté.
Non seulement le gouverneur déplore, « le peu de considération » que le président de la République aurait manifesté à son égard, mais il se plaint aussi d'une politique d’asphyxie et d’être mis au régime sec. S'il a gardé trop longtemps le silence sur ce mauvais traitement, c’est parce qu'il dit avoir promis durant la campagne un quinquennat apaisé pour l'île. « La question qui se pose, pourquoi le gouverneur reste silencieux. Parce que les wangazidja voulaient un quinquennat paisible pour la tournante de Ngazidja. Je ne voulais pas et je n'espère pas rééditer l'épisode des conflits de compétences dans le but de ne pas gâcher la tournante de Ngazidja », a-t-il déclaré.
Et de poursuivre sur une série de questions : « saviez-vous que depuis mon investiture j'ai recruté 300 jeunes enseignants. Ils ont travaillé une année sans qu'ils soient payés. Je ne le dirai pas. Le saviez-vous que j'ai recruté des médecins et jusqu'à cette année, ils n'ont reçu aucun centime. Le saviez-vous que le salaire que j'ai hérité à mon arrivée à Mrodjou est le même. Et si je vous dis que je ne reçois aucun sous lors de mes déplacements ».
La question qui est sur toutes les lèvres des observateurs politiques de la place est de savoir s'il ira jusqu'à faire front commun avec l'opposition. Rien n'est moins sûr tellement, le gouverneur de l'île semble souffler le chaud et le froid en cette période mouvementé. Ce qui est certain le chef de l’exécutif de Ngazidja depuis un certain temps lance des signaux au gouvernement, comme « retenez moi, ou je m'en vais ». Il reste à voir comment le gouvernement va réagir.
Maoulida Mbaé
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