La Gazette

des Comores

Question de Mayotte : Saïd Ahamada, des propos qui ne passent pas

Question de Mayotte : Saïd Ahamada, des propos qui ne passent pas © : HZK-LGDC

Une déclaration de Saïd Ahamada, ancien député français, faite le 7 avril dernier lors d'une conférence à l’Université des Comores, a enflammé les réseaux sociaux et suscité l’indignation de nombreux acteurs politiques et militants de la société civile comorienne. La polémique a éclaté après la conférence de l'ex-parlementaire franco-comorien, qui a été accusé d'avoir qualifié la présence française à Mayotte de « bénéfice pour les Comores ».


Face au tollé qu’il a provoqué, Said Ahamada a rapidement publié une vidéo pour clarifier ses propos et tenter de calmer les esprits. « En tant que Comorien, je me suis toujours interdit de faire de la politique en dehors des Comores », a-t-il déclaré, en réponse aux critiques. « Je ne parlais ni au nom de la France, dont je ne suis plus représentant, ni pour imposer une quelconque vision politique. Mon objectif était simplement d'inciter les étudiants à s'informer, à comprendre les enjeux mondiaux et à faire leurs propres choix. » Il a précisé que ses propos avaient été sortis de leur contexte et qu'il intervenait dans un cadre économique, précisant que la question de Mayotte ne faisait pas partie de son intervention.

Sauf que l’opinion publique n’est pas de cet avis. Cette déclaration a été perçue comme une remise en cause de la souveraineté nationale, provoquant une vague de réactions dans les milieux politiques. Le ministre  l’éducation nationale, Bacar Mvoulana, a fermement condamné les propos de l’ancien député. « Mayotte est comorienne, elle l'a toujours été et le restera », a-t-il affirmé dans un communiqué. « Aucune justification économique ou stratégique ne peut légitimer l'occupation illégale de ce territoire comorien par une puissance étrangère. » Le ministre a souligné l’importance d'inculquer aux jeunes le respect de leur histoire et la conviction que la vérité historique finira par triompher.

De son côté, le journaliste d’Al-watwan  Chamsoudine  Said Mhadi, a dénoncé un discours qu'il a qualifié de « honteux » et « méprisant envers la Nation comorienne ». Selon lui, Saïd Ahamada, devant un public composé d’étudiants, de professeurs, de diplomates et de représentants de la société civile, aurait affirmé que « Mayotte française est un avantage pour le reste des Comores ». « Parler de droits humains et de droit international tout en qualifiant l'occupation de Mayotte d’avantage est un profond mépris des droits des Comoriens. C'est une insulte, d'autant plus choquante en ce 50e anniversaire de l'indépendance des Comores », a-t-il fustigé.

Cette affaire souligne la forte sensibilité de la question de Mayotte dans la mémoire collective comorienne. Bien que l'île soit restée sous administration française en violation du droit international, l'Union des Comores n’a jamais cessé de revendiquer sa souveraineté sur l'ensemble des quatre îles qui composent l'archipel, telle que reconnue par de nombreuses résolutions des Nations Unies depuis l’accession à l’indépendance le 6 juillet 1975.

Mohamed Ali Nasra

 

 


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