Les représentants de la nation réfractaires à l’adoption du projet de loi d’habilitation ont tenu une déclaration à minuit, ce 25 novembre. Pour le député Oumouri, « un gouvernement qui n’a pas su convaincre 33 députés ne pourra pas convaincre plus de 250 000 électeurs lors des prochaines élections présidentielles ». Et de marteler: « il est inimaginable que l’on puisse se dire que vote il y aura, à la seule condition que le oui l’emporte ».
A 23h59, les représentants de la nation opposés au projet de loi d’habilitation ont quitté l’hémicycle, 14 heures après y être entrés, sûr que le jour fixé pour la séance plénière était définitivement écoulé. Plus tôt dans la journée, le président de l’Assemblée nationale par la voie d’un huissier, s’était fait porter pâle. Comme lundi dernier, la séance plénière n’a finalement pas eu lieu. Un prochain épisode est sans doute prévu à moins que le gouvernement ne retire le fameux projet de loi comme entendu ici et là. Tous se sont dirigés dans la salle des commissions des lois pour y tenir une déclaration officielle. Il y avait les députés du Juwa, certains de l’Updc, celui du Rdc.
La surprise est venue du fait de la présence d’un député du Radhi de la mouvance présidentielle, Mohamed Abdoulatuf et de Issa Soulé, réputé proche du président de l’Assemblée nationale. C’est le député Oumouri du Rdc, qui s’est adressé aux comoriens en langue française. « Je tiens à remercier les journalistes comoriens et ceux du monde entier, qui suivent la forfaiture qui se tient à l’Assemblée nationale depuis lundi dernier jusqu’à aujourd’hui », a-t-il affirmé. L’élu d’Itsandra Nord a déclaré avec force que « ce 24 novembre, 21 députés, démocratiquement, sans influence d’aucune sorte, ont engagé leur personnalité, leur conscience pour dire non à l’illégalité ».
Et de poursuivre ses explications : « vous devez comprendre que ce qui s’est passé ce 24 novembre, est une forfaiture de l’Assemblée nationale mais aussi une forfaiture du gouvernement comorien ». Lors d’un vote, a-t-il dit, deux choix sont possibles : le oui ou le non. « Mais il est inimaginable que l’on puisse se dire que vote il y aura, à condition que le oui l’emporte ». Et dans une question rhétorique, il s’est demandé si le gouvernement oserait prétendre se présenter à des élections en 2019, « parce que réellement, il sera difficile pour la population comorienne de lui donner confiance dès lors qu’il n’a pas pu convaincre 33 députés, comment peut-il espérer convaincre plus de 250 000 électeurs ? ».
Toujours selon lui, « le devoir des représentants de la nation ne prend pas fin aujourd’hui, le combat continue pour le respect de notre institution, pour le respect de nos lois ; ceci n’est pas un combat contre un gouvernement, ni contre un régime mais c’est un combat contre l’illégalité ». Il a par ailleurs fait appel « à ses collègues députés qui n’ont toujours pas compris le sens de notre combat, de s’unir à nous afin de faire respecter les lois dans ce pays ». Avant de conclure : «nous allons toujours combattre ceux et celles qui veulent violer les lois qui régissent cette nation ».
Pour rappel, le projet de loi d’habilitation, permettra au président de la république, si elle passe, de légiférer par ordonnances certaines dispositions du code électoral, de la loi organique relative à la cour suprême ou encore celles relatives aux conditions d’éligibilité afin d’être en harmonie avec la nouvelle constitution du 30 juillet 2018.
Fsy
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