La Gazette

des Comores

Prisonniers politiques / L’impossible grâce

Prisonniers politiques / L’impossible grâce © : HZK-LGDC

« Heureusement, que je n’ai reçu aucun courrier faisant état de cette demande parce que comment voulez-vous que des gens qui ont attenté à ma vie ou à celles d’autres autorités étatiques ou celle d’un gendarme, à peine les sentences prononcées puissent vouloir être graciées, pour moi cela équivaut à une insulte à la justice ».


Le 18 mars dernier, le président-candidat, Azali Assoumani a tenu une conférence de presse dans la soirée. Au cours de celle-ci, la question sur une possible grâce des prisonniers politiques a été soulevée. Azali Assoumani a démenti avoir «  reçu un courrier de demande de grâce par les prisonniers avant  son  congé  ». Pourtant, les familles des détenus  ont certifié l’avoir  fait en décembre.

 

Toujours est-il que, à entendre le président aujourd’hui en congé, il n’a nullement été question  pour lui de faire usage de cette prérogative constitutionnelle. «  Heureusement, que je n’ai reçu aucun courrier faisant état de cette demande parce que comment voulez-vous que des gens qui ont attenté à ma vie ou à celles d’autres autorités étatiques ou celle d’un gendarme, à peine les sentences prononcées puissent vouloir être graciées, pour moi cela équivaut à une insulte à la justice », a martelé Azali Assoumani.  « Pour moi, les gracier aussi rapidement serait comme une façon de pousser d’autres à commettre des actes hautement répréhensibles », a-t-il fait valoir.

 

 

Pour ce qui est de la proposition de la  loi d’amnistie émanant de plusieurs députés, laquelle nécessite entre autre, la publication d’un décret pour l’ouverture d’une session extraordinaire, Azali Assoumani a simplement répondu «  qu’il n’était pas encore président et l’Assemblée nationale est une institution autonome mais très sincèrement concernant ce problème, les affaires dont il est question sont très graves et il ne faut surtout pas les minimiser, il est donc un peu tôt pour parler de grâce ou d’amnistie, sinon à quoi servirait la justice ? ». Il faut sans doute préciser que l’amnistie n’est nullement du ressort présidentiel.

 

Il a par ailleurs beaucoup insisté «  sur la non reconnaissance des faits reprochés par les auteurs des différentes affaires » qui ont secoué la république en 2018, ajoutant que «  pourquoi  libérer des détenus qui refusent toujours de  reconnaître les actes qu’ils ont commis, ceux qui veulent l’être devraient d’abord reconnaître ce qu’ils ont commis ou voulu commettre ».

 

Pour autant  le président-candidat qui dit être « dans la réconciliation, estime qu’il y a des conditions à poser pour  que tout cela serve de leçons».

 

Azali Assoumani a en outre évoqué l’idée d’une conférence nationale sur l’épineuse question des prisonniers politiques et des exilés, dont le plus connu est l’ancien président de l’île d’Anjouan, le Colonel Mohamed Bacar,  sans livrer plus de détails sur les contours de ladite conférence.

 

Concernant la loi d’amnistie, le président de l’Assemblée nationale, Abdou Ousseni a confirmé avoir bien envoyé un courrier au secrétariat général du gouvernement comme le prévoit la constitution, à la fin de la semaine dernière. « Nous attendons la réponse du gouvernement », a-t-il fait savoir au téléphone, entendant par là, la publication du décret de convocation de la session extraordinaire. Maintenant il y a fort à parier que si la loi d’amnistie devait être adoptée, ce serait pour la prochaine session ordinaire d’avril. Mais son  adoption (ou non) sera sans doute parsemé d’embûches.

 

Fsy

 


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