La Gazette

des Comores

Pour Mzimba, « Azali doit être acteur et non le contraire »

Pour Mzimba, « Azali doit être acteur et non le contraire » © : HZK-LGDC

Selon Me Ibrahim Mzimba, le décret sur le dialogue inter-comorien se résume en un mot, les « élections ». Ce décret n'est également pas correct ni au point juridique ni politique. Le président doit être acteur et non celui à qui on doit remettre les conclusions de ce dialogue.


Dans un entretien accordé aux médias comoriens à Paris, Me Ibrahim Ali Mzimba est revenu sur le dialogue national. D’après cet ancien candidat aux élections présidentielles de 2019, le  dialogue tant clamé par le président de la République n'est pas encore consistant. Jusque là, ce dernier se résume en un seul mot « l’organisation des élections ». En effet, trois points ont été soulevés à savoir le renforcement démocratique, le processus électoral et parachever les institutions. Alors que ce n'est pas les sujets qui manquent. « Il y a des sujets très importants à  discuter en l'occurrence, la vision de la démocratie, la justice, la sécurité, le terrorisme, l'armée et la question de la richesse du pays », avance-t-il.

Selon lui, il ne peut pas y avoir un dialogue sans préalable. Et selon lui, l'Union Africaine  était bien claire sur son dernier rapport et le président doit respecter ces consignes à savoir la  libération des prisonniers politiques à l'instar de l’ancien président Sambi, du gouverneur Salami ainsi que ceux qui sont en exil. « Nous attendons que le président réalise les préalables de l'UA. Je ne comprends pas comment nous pouvons passer outre les questions de liberté », s’interroge-t-il.

Le candidat malheureux aux élections présidentielles de 2019 montre que la CRC parle d’un processus de  renforcement démocratique mais justement renforcer les capacités, c'est la liberté à savoir la liberté d'expression, de la presse, les libertés fondamentales et publiques. « Jusque-là, je ne vois pas le renforcement démocratique alors qu'il y a des gens emprisonnés à cause de leur opinion », explique-t-il, avant d'ajouter que « je suis méfiant de ce dialogue parce qu’il est de mauvaise foi ». Parallèlement, le décret n'a pas identifié les acteurs, ce qui est surprenant pour M. Mzimba. « Dans ce cadre, les acteurs devront être identifiés puisqu'il s'agit d'une question politique et ce n’est pas le cas ici. Cette question ne devrait pas passer à l’ombre mais posée sur des bonnes bases, avec des acteurs clés bien  identifiés », dit-il.

Depuis le début, le dialogue national avait plusieurs thèmes et aujourd’hui, on se retrouve qu’avec un seul à savoir les élections. Et ça commence à interroger les gens. « Nous avons organisé des élections depuis Djohar jusqu'à 2016 et nous n’avons jamais évoqué un dialogue pour organiser des élections. Car il y a un code électoral, des textes et une loi. Et je le dis encore, si nous le faisons aujourd’hui, ce serait une supercherie. Nous voyons comment nettoyer les listes surtout la manière de garantir la transparence et c'est les candidats qui devront discuter entre eux », souligne-t-il, avant de dire que « le président doit être acteur et non celui qui doit prendre les conclusions. Le décret a montré clairement qu'il n'y a pas de dialogue car les conclusions doivent être remises aux mains du président et ce n'est pas correct ni sur le plan politique ni juridique », conclut-il, tout en annonçant qu’il refuse de prendre part à une opposition de vengeance.

Andjouza Abouheir

 


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