Depuis quelques semaines à Mayotte la poudrière prend feu à cause de ces bandes rivales qui y commettent des agressions à la machette et brulent des habitations et des véhicules. A Moroni, l’on semble demander à la France, pays dont dépend l’île en question, de prendre ses responsabilités et dénouer la situation.
Cela fait plusieurs semaines que des affrontements ont éclaté à Mayotte entre des bandes rivales. Plusieurs zones sont en proie à des scènes de guérilla urbaine. Des habitations sont brulées. Des voitures, également. Moroni qui réclame l’île de Mayotte et Paris qui l’administre, se refilent la patate chaude. « Qui sème le vent récolte la tempête », réagit par exemple ce ministre comorien, outré par les éloignements forcés de certains parents et leur progéniture, conséquence, enchaine cet autre haut fonctionnaire également sous le sceau de l’anonymat, d’une « politique à l’aveuglette ».
Le préfet de Mayotte, Jean-François Colombet a affirmé lundi 31 août sur Mayotte la 1ère qu'il y avait « un lien direct entre l'arrêt des éloignements » et les scènes de violences. Des affirmations qui sortent Moroni de ses gonds. « Le préfet de Mayotte est incapable de gérer la situation à Mayotte et il cherche des boucs émissaires. Les scènes de violences que connait l’île ne sont pas liées à ce qu’il prétend. Au contraire, c’est un problème social local. Dire que cela a un lien avec la question des reconduites, ce sont des accusations infondées », s’est emporté le ministre de l’Intérieur Mohamed Daoudou qui nous a reçu jeudi dans son bureau.
Soit dit en passant, les reconduites entre Mayotte et les autres îles indépendantes ont repris depuis début aout après une période d’interruption pour cause de coronavirus, et ce à raison d’un bateau par semaine. Coté Mayotte, cette fréquence est jugée insuffisante et le préfet souhaiterait une augmentation du nombre de bateaux par semaine. Mais Moroni oppose une fin de non-recevoir, quoiqu’au doigt mouillé. « Les fréquences des bateaux entre Mayotte et les autres îles des Comores dépendent des armateurs et non du préfet », tranche le ministre.
Autre sujet abordé avec le patron de l’Intérieur, les résidents de Mayotte coincés à Moroni. Selon nos informations, le préfet de Mayotte aurait verrouillé la porte à une partie d’entre eux. « Honnêtement, je n’arrive pas à comprendre le préfet. Qu’on ferme la porte à ceux qui n’ont pas rempli les conditions d’entrée, ça se comprendrait. Mais ceux qui ont un titre de séjour, je ne vois pas pourquoi les empêcher de regagner leurs foyers » à Mayotte, poursuit notre interlocuteur, selon qui s’il y a des cas dont le titre de séjour à Mayotte a expiré, le ministère des Affaires étrangères entrera en contact avec l’ambassade de France à Moroni.
TM
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