Le gouverneur de Moheli, Mohamed Said Fazul, est persuadé que les appels incessants de l’opposition pour des élections en 2021, sont « en réalité » une « stratégie » pour préparer le terrain en vue de la présidentielle de 2024, année à laquelle prend fin le premier mandat d’Azali Assoumani. « Il veulent montrer aux Anjouanais qu’ils se soucient d’eux ». Mais pas que. Ils veulent d’ici là « faire pression au pouvoir central pour un gouvernement d’union nationale ».
La presse nationale a été conviée à une conférence de presse du gouverneur de Moheli Mohamed Said Fazul, hier jeudi 2 juillet. Si le locataire de Bonovo a fait un tour d’horizon de son mandat d’à partir de mai 2019, le conférencier n’a pas attendu qu’on lui pose la question de 2021 qu’il s’est lui-même invité au sujet, « la quintessence même de la conférence » comme il l’a avoué sans détours, après une heure d’échange avec les journalistes venus des quatre coins du pays... aux frais du gouvernement.
Alors que 2021 approche avec son lot d’enjeux, notamment les hostilités et répliques qui commencent à jaillir ici et là, et que nul n’ignore, Fazul accuse l’opposition de faire du bruit pour « deux » objectifs. Selon lui, par leur appel à des élections en 2021 conformément à la Constitution de 2001 révisée envers et contre tous en 2018, les opposants passent la brosse à reluire aux Anjouanais pour se préparer le terrain en vue de la présidentielle de 2024, année à laquelle arrive à terme le premier mandat d’Azali Assoumani. « En réalité, ils veulent montrer aux Anjouanais qu’ils se soucient d’eux mais la finalité de tous ces bruits, c’est 2024 » et non 2021, affirme non sans moquerie celui qui n’a de bilan autre « que celui du chef de l’Etat ».
Fazul qui s’est engagé au côté d’Azali Assoumani depuis les Assises nationales de février 2018 abonde dans ses déductions vis-à-vis de l’opposition. Il croit dur comme fer qu’ils (les opposants) s’agitent ainsi pour « faire pression » au pouvoir central, dans le but de provoquer un gouvernement d’union nationale au sein duquel, si le scénario se confirme, ils feront naturellement partie. À l’occasion de cette rencontre, La Gazette des Comores a demandé au gouverneur de Moheli s’il avait déjà rendu visite à son collègue d’Anjouan, Salami, enfermé depuis octobre 2018, et s’il plaidait pour son procès comme le font beaucoup de personnalités en faveur de l’ancien président Sambi. La réaction de Fazul a été l’on ne peut plus inélégante et inamicale puisqu’il dit que ce qui arrive à Salami ne « [le] concerne pas » car « [il] n’[est] pas juge ».
Andjouza Abouheir, envoyée depuis Fomboni
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