Réunis à Fomboni, sur l’île de Mwali, les principaux regroupements de l’opposition comorienne ont adopté une résolution commune dénonçant la gouvernance du régime en place et rejetant l’initiative d’assises nationales annoncée pour février 2026. Les signataires réaffirment leur attachement à l’Accord-cadre de Fomboni – Mwali de 2001, qu’ils considèrent comme l’unique fondement légitime de la stabilité et de l’unité nationales.
Les acteurs politiques de l’opposition comorienne ont haussé le ton. Samedi 24 janvier 2026, à Fomboni, l’Opposition Unie de Mwali (OUM), le Rassemblement de l’Opposition Comorienne (ROC) et la Convergence des Mouvements pour la République et l’État de droit (COMRED) ont adopté une résolution commune sur la situation politique et institutionnelle de l’Union des Comores. Dans un texte dense et sans concession, les signataires rappellent d’abord la portée historique de Fomboni et de Mwali, présentées comme des terres de dialogue et de compromis national. Ils réaffirment surtout le caractère fondamental de l’Accord-cadre de Fomboni du 17 février 2001, qualifié de socle de la stabilité politique, de l’unité nationale et de la coexistence pacifique entre les îles. Pour l’opposition, cet accord avait permis de mettre fin à des décennies de crises institutionnelles en consacrant la rotation du pouvoir présidentiel, l’équilibre des institutions et une gouvernance fondée sur le consensus.
Mais, selon les signataires, cet héritage serait aujourd’hui gravement menacé. La résolution accuse le pouvoir dirigé par le colonel Azali Assoumani d’avoir « vidé de sa substance » l’esprit et la lettre de l’Accord de 2001, à travers des révisions constitutionnelles unilatérales, une personnalisation extrême du pouvoir et une confiscation progressive de la souveraineté populaire. L’opposition dénonce également un mode de gouvernance fondé sur la peur, les arrestations arbitraires et l’absence de légitimité démocratique.
Dans ce contexte, les partis signataires rejettent catégoriquement l’initiative d’« assise nationale de réconciliation » annoncée pour le 17 février 2026 à Fomboni. Ils y voient une opération politique « non inclusive et non crédible », destinée, selon eux, à renforcer la dictature en place et à détourner les revendications de l’opposition en faveur d’une transition démocratique et du rétablissement de l’ordre constitutionnel de 2001. À l’inverse, l’opposition annonce son intention de commémorer conjointement, le 17 février 2026, l’anniversaire de l’Accord de Fomboni. Cette commémoration est présentée comme un acte de résistance politique pacifique et un hommage aux artisans de la paix et du compromis national.
La résolution lance enfin un appel solennel au peuple comorien, à la société civile, aux jeunes, aux femmes, à la diaspora et aux forces vives de la nation pour une mobilisation civique pacifique et disciplinée. Un appel est également adressé à la communauté internationale afin qu’elle ne cautionne pas, selon les signataires, des processus politiques « factices et exclusifs », et qu’elle soutienne une transition démocratique apaisée et inclusive aux Comores.
Riwad
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