A en croire Azali Assoumani, qui a cité la constitution, le chef de l’opposition sera pourvu de privilèges et autres avantages. Si la loi fondamentale en a parlé, il faut à présent une loi pour encadrer tout cela.
Lors de son discours d’investiture le 26 mai dernier au stade de Malouzini, Azali Assoumani a rappelé que « la constitution conférait au chef de l’opposition un rôle institutionnel. Il faudra, a-t-il poursuivi, « imaginer les formes appropriées et équitables pour faciliter son travail et apporter le soutien requis, aux partis politiques ».
Maintenant reste à savoir ce que cela implique. « Dans le chapitre 3 de la constitution, article 89, il est précisé que ‘la loi fixe les règles concernant le régime des associations et des partis politiques ainsi que le statut de l’opposition », a indiqué le conseiller juridique de l’Assemblée nationale, Said Idrissa. En clair, « il faut une loi pour fixer les dispositions relatives au statut de l’opposition », a-t-il fait savoir.
Le conseiller juridique a énuméré les critères qui pouvaient être retenus pour celui ou celle qui doit être à la tête de l’opposition. « Dans certains pays du continent africain, le leader de l’opposition est soit le finaliste de la dernière élection présidentielle, ou alors le parti d’opposition qui compte le plus de sièges à l’Assemblée », a-t-il noté.
Il n’y a aucun doute que si la loi était adoptée, et quel que soit le critère retenu, le chef de file de l’opposition serait forcément issu du Juwa, principal parti d’opposition. Reste à savoir qui. Serait-ce son secrétaire général, Ahmed Hassan El-Barwane, emprisonné depuis août dernier, Ibrahim Mohamed Soulé, qui a été autorisé par le parti - lors d’une primaire contestée - à se présenter à la présidentielle avant d’en être écarté par la Cour suprême ou Me Mahmoud Ahmada, qui a été présenté comme le plan B ? A en croire notre interlocuteur, le leader de l’opposition ne peut-être que Me Mahmoud Ahmada, qui a fini deuxième à la dernière échéance présidentielle, « puisque c’est lui qui a recueilli le suffrage universel ».
Quant aux privilèges, puisqu’il y en aura, Azali Assoumani s’est déjà « engagé à associer le chef de l’opposition et les leaders de tous les partis politiques, dans le processus de prise de décision, sur tous les sujets d’intérêt national ». En plus de la consultation, « le chef de l’opposition peut avoir un rang de ministre sur le plan protocolaire, disposer d’un secrétariat, d’un véhicule ou encore d’un passeport diplomatique.
Pour l’instant, le gouvernement n’a déposé aucun projet de loi, et aucun député n’en a proposé. Mais sous la précédente législature, le député Abdou Djabir avait fait une proposition de loi portant sur le statut de l’opposition. Dans celle-ci, étaient énumérés le rôle de l’opposition, ses critères d’appartenance ainsi que l’identification du chef de l’opposition, ses droits et ses obligations tout comme que ses avantages protocolaires et matériels.
Fsy
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