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Politique: L’opposition revendique « une première victoire » après le 17 février

Politique: L’opposition revendique « une première victoire » après le 17 février © : HZK-LGDC

Quatre jours après la commémoration en grande pompe de l’Accord-cadre de Fomboni par les autorités de l’État, l’Opposition Unie de Mwali (OUM) sort du silence. Elle se félicite du faible engouement populaire et réaffirme sa détermination à défendre le tour de la présidence à Mohéli en 2026.


À Fomboni, la commémoration du 17 février, marquant la signature de l’Accord-cadre de Fomboni et le processus de réconciliation nationale, continue de susciter des réactions. Ce samedi 21 février, l’Opposition Unie de Mwali (OUM) a réuni la presse locale pour dresser son propre bilan de l’événement organisé par les autorités étatiques. Premier à prendre la parole, Chambane Bacar a détaillé la stratégie adoptée par son camp. Avant toute chose, il a tenu à remercier les Mohéliens qui, selon lui, ont respecté le mot d’ordre lancé par l’opposition invitant la population à rester chez elle le jour de la cérémonie. « C’est une première victoire », a-t-il déclaré, estimant que l’abstention populaire constitue un signal fort. Selon lui, une seconde victoire résiderait dans le fait que le chef de l’État, Azali Assoumani, aurait reconnu l’existence de l’Accord-cadre de Fomboni, à l’origine de la Constitution de 2001, qui, d’après l’opposition, doit être respecté dans son esprit et dans sa lettre.

Prenant le relais, Charif Abdallah Ben Mohadji a dénoncé le dispositif sécuritaire déployé lors des cérémonies. « Une fête ne se célèbre pas avec des kalachnikovs et des contingents de soldats », a-t-il lancé, affirmant que l’opposition a préféré renoncer à sa propre célébration afin d’éviter toute tension susceptible de dégénérer. « Nous avons senti un risque et, en tant que responsables, nous ne pouvions exposer la population », a-t-il soutenu. D’autres figures de l’OUM, notamment Mohamed Elarif Oukacha et Mohibaca Baco, ont réaffirmé leur volonté de poursuivre la lutte pour que le tour de la présidence revienne à Mohéli en 2026. Un principe qu’ils considèrent comme issu des équilibres consacrés par l’Accord-cadre.

Dans une déclaration aux accents historiques, Mohibaca Baco a évoqué l’« accord de Ngamarumbo », signé à Hoani dans la grande discrétion à la fin du XIXe siècle, en référence aux événements ayant précédé la chute du sultan Mdéréhémane II en 1898. « Si l’Accord-cadre de Fomboni est bafoué, nous le réactualiserons l’accord de Ngamarumbo», a-t-il averti. À Mohéli, la commémoration du 17 février apparaît ainsi moins comme une simple célébration que comme un nouveau front politique, à l’approche d’une échéance présidentielle qui s’annonce déjà sous haute tension.

Riwad


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