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Politique L'opposition a bravé l’interdiction dans plusieurs régions

Politique  L'opposition a bravé l’interdiction dans plusieurs régions © : HZK-LGDC

Vendredi, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Ngazidja et Ndzouani. Parmi les revendications, le rétablissement de la Cour Constitutionnelle laquelle a vu ses prérogatives confiées à la Cour suprême. Lancé par l’opposition, le mot d’ordre a été suivi.


A quelques semaines du référendum annoncé par le président Azali Assoumani, l'Union de l'opposition monte au créneau. Vendredi 1er juin, des mouvements de protestation ont éclaté un peu partout, dans la capitale comme dans l’arrière pays, après la grande prière. A Ngazidja, des marches pacifiques sont tenues à Mbeni, Mitsamiouli, Koimbani, Moroni, Ntsoudjini et Mkazi. A Anjouan, c'est dans la capitale, Mutsamudu, à Sima et dans le Nyumakélé que les opposants au régime ont exprimé leur mécontentement. Les revendications étaient les mêmes: « pas de référendum avant le rétablissement de la Cour Constitutionnelle ».

 

A Moroni, alors que la gendarmerie avait quadrillé la zone allant de la Place de l'indépendance au Port de Moroni, les manifestants ne se sont pas rétractés. De hautes personnalités et des élus du pays dont Hassane Ahmed El Barwane, Ibrahim Abdourazak (Razida) et le député de Moroni Sud, Mohamed Msaidie, après la prière à la mosquée Al Qasmy, ont ouvert la marche. Plus tôt, ils annonçaient entamer une « marche pacifique » et priaient pour qu'il n'y ait pas de débordements. Après quelques minutes de marche, des coups de feu retentissent. Les forces de l'ordre usent de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Quatre personnes seront arrêtées. Parmi elles, le secrétaire général du parti Juwa. Peu avant son arrestation, Ahmed Hassane El-Barwane déclarait être indigné par la situation et les réactions du gouvernement et des forces de l’ordre. « Le travail de l’armée et des forces de police est de veiller à la protection des citoyens et de prendre en compte leur sécurité, surtout en cas de manifestation et de mobilisation afin d’éviter tout débordement sur les routes! ».

 

A Mbeni, dans le Nord-Est de Ngazidja, c'est le secrétaire général adjoint de l'Union de l'opposition qui est en tête de la marche. Mahamoud Wadaane se félicitera du « succès de la manifestation » dont le but était de « marquer sur l'ensemble du territoire, une action commune ». Le deuxième objectif était de démontrer dit-il au président de la République, qu'il ne peut museler l'opposition et lui interdire de s'exprimer. Cette manifestation enfin était l'occasion pour l'opposition d'exiger le rétablissement de la Cour Constitutionnelle, laquelle est indispensable au vu de la campagne qui doit démarrer dès la fin du ramadan pour le référendum proposé par Azali Assoumani et portant sur une modification de la Constitution. Sur place, quelques affrontements ont opposé des partisans de la CRC à ceux du Rifayid. On déplore un blessé.

 

A Koimbani, dans le Washili, Youssouf Boina, secrétaire général de l'Updc et Chakour, porte-parole du Juwa ont pris la parole devant une foule rassemblée à la place Changani, avant d'investir les rues. Ils seront rejoints plus tard par les députés Oumouri Mmadi Hassani, Ali Mhadji et Tocha Djohar ainsi que Raul Delapeyre, à Ntsoudjini. Plusieurs autres leaders politiques ont conduit la marche de l’opposition dans la cité des Fumu, fief de l’ancien gouverneur de Ngazidja, Mouigni Baraka Said Soilihi. Ils se verront plus tard bloqués par les forces de l'ordre à l’entrée du chef-lieu d’Itsandra.

 

A Mitsamiouli, la marche comptait à sa tête le commissaire à la production de l’île autonome de Ngazidja, Amada Ivessi ainsi que des personnalités de l’opposition dont l’ancien ministre Mmadi Ali et le chargé de missions de l’opposition, Abdillah Mouigni (Satellite). A Anjouan, les mêmes scènes de protestation. A Mutsamudu comme à Nyumakele, des banderoles pour exiger le rétablissement de la Cour Constitutionnelle mais aussi pour réclamer la libération d'Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, président d'honneur du Juwa et natif de l'ile. L'ancien chef d'État et principal opposant d'Azali Assoumani est assigné à résidence depuis plus de deux semaines. Dans la capitale anjouanaise, les manifestants venus de plusieurs localités de l’île, ont été dispersés par les forces de l’ordre.

 

A quelques semaines de la tenue du référendum annoncé par le chef de l'état, l'opposition multiplie les opérations coups de poing pour dénoncer les « agissements du pouvoir ». « Les rassemblements continueront autant qu’il le faut jusqu’à ce que la paix, la stabilité et la restauration de l’Etat de droit soit respectées! », a déclaré Ahmed Hassane El Barwane. A l'heure où nous écrivions ces lignes, Barwane était toujours en détention.

 

A.O. Yazid

 


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