Arrêté à Anjouan depuis mardi dernier, le député Abdallah Ben Omar peut compter sur le soutien de ses collègues de l’opposition, qui « exigent » sa libération « immédiate et sans condition ». Il n’est pas le premier élu de la nation à faire l’objet d’une arrestation.
Le député de la circonscription de Ouani à Anjouan se trouve entre les mains des forces de l’ordre. Il est arrêté à son domicile à en croire ses collègues de l’opposition qui s’appuient sur des images disponibles sur la toile montrant des véhicules stationnés des forces publiques qui « sont venues l’enlever ».
« Cet acte démontre pour la nième fois le manque de considération des forces de l’ordre et leurs supérieurs hiérarchique vis-à-vis des députés de la république pourtant protégés par la Constitution », déplorent ses collègues de l’opposition dans ce communiqué publié le 14 janvier, au lendemain de l’arrestation.
Les signataires du document « dénoncent avec fermeté cet acharnement contre un élu de la République à cause de ses pensées et son positionnement politique ». Si les motifs officiels de cette interpellation ne sont pas encore communiqués, les députés de l’opposition croient savoir que c’est dû à son appartenance au mouvement Ndzouani En Marche qui se revendique de l’opposition et qui défend bec et ongles la Tournante d’Anjouan en 2021 conformément à l’ancienne Constitution de 2001.
Ses collègues « exigent » sa « libération immédiate et sans condition ». Ils demandent à Ben Omar « d’observer un silence et de ne plus répondre à des provocations d’enquêteurs qui agissent en dehors de la loi ». Il faut dire que les mauvaises pratiques ont la peau dure puisqu’Abdallah Ben Omar est loin d’être le premier député à faire l’objet d’une arrestation. En octobre 2018, trois députés opposés au gouvernement ont perduleur immunité parlementaire. Deux d'entre eux, Ali Mhadji et Tocha Djohar sont suspectés d'avoir organisé l'agression violente d'un gendarme le 30 juillet 2018, jour du référendum constitutionnel.
Au mois de mai de la même année, les députés de Moroni Sud Mohamed Msaidié et son collègue de Hambou Ali Mhadji sont arrêtés à la place de l’indépendance par la police au cours d’un rassemblement interdit. Après leur libération ils ont rapporté à la presse avoir subi des « tortures physiques » dans une « cellule lugubre » du ministère de l’intérieur où ils étaient gardés. Un mois auparavant, Ali Mhadji et Tocha Djohar sont arrêtés alors qu’ils venaient d’une réunion de l’opposition qui se tenait à Mbeni, au nord-est de Ngazidja. Ils sont accusés d’outrage à agent de la force publique et embarqués.
TM
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