La Gazette

des Comores

La main tendue de Msaidie refusée par la diaspora

La main tendue de Msaidie refusée par la diaspora © : HZK-LGDC

Le ministre de l’économie et porte-parole du gouvernement n’a de cesse d’appeler la diaspora à enterrer la hache de guerre et « ouvrir une nouvelle page ». Mais les destinataires qui manifestent principalement à Paris et à Marseille depuis maintenant dix mois ne l’entendent pas de cette oreille.


La bouteille qu’il a lancée dans la mer peine à trouver destinataire. Ça fait quelque temps que le porte-parole du gouvernement a radicalement changé son attitude vis-à-vis du mouvement de contestation de la diaspora dont il se moquait jadis avec des termes comme « mal-être » et tant d’autres remarques vexatoires et désobligeantes. Il joue la carte de l’apaisement, quitte à les inviter au dialogue.

 

C’est à partir de Tweeter, réseau social devenu son terrain de prédilection depuis un peu plus d’un an (il y est inscrit depuis février 2012 mais s’était basé sur Facebook), que le ministre multiplie ses appels. Le dernier en date remonte au vendredi 27 décembre. Il demande à ceux « qui arpentent le macadam de La République (…) et La Joliette » d’ « ouvrir une nouvelle page pour le pays ». Une allusion aux manifestants de Paris et Marseille qui occupent ces lieux tous les dimanches pour réclamer un État de droit à Moroni, et surtout le départ du régime.

 

La Gazette a interrogé sur ce sujet l’écrivain Omar Mirali, leader du mouvement dont il est d’ailleurs l’un des principaux initiateurs. « La sortie de Houmed Msaidie est, pour le moins, hilarante. Il prétend faire une main tendue en nous adressant un message, dénué de tout fondement, de tout sens, sur Twitter. Drôle de manière. En effet, comment considérer les propos d'une personne qui se dit ministre, lancés tel un saut d'humeur, sans destination précise ni contenu ? », devait balayer l’historien, très à cheval sur « la restauration de la paix et de la démocratie ».

 

« Houmed Msaidie va jusqu'à qualifier nos frères, ses propres compatriotes "d'envoyés spéciaux" disant qu'ils n'avaient "pas rencontré la dictature". Que comprendre ? Qu'il fallait s'attendre à ce qu'ils soient malmenés chez eux ? Cette attitude agressive et condescendante envers le peuple comorien doit cesser. Quand on aura enfin eu raison de ce régime dictatorial, le Comorien sera respecté et les autorités qui incarneront l'État se conformeront à la volonté du peuple ». En effet dans son tweet M.Msaidie évoquait indirectement ces activistes de la diaspora qui sont venus à Moroni sans être inquiétés.

 

Le 29 novembre alors qu’il était à Paris pour la conférence des partenaires, le ministre avait également montré, toujours sur Tweeter, la disponibilité du pouvoir à ouvrir un dialogue avec le mouvement. « Houmed Msaidie doit comprendre que nous ne pouvons entamer la moindre négociation avec un dictateur, des tueurs, des malfaiteurs et des renégats. Si vous voulez vraiment du bien à ce peuple qui agonise, cédez le pouvoir à des autorités légitimes choisies par le peuple comorien souverain », se lâche-t-il à l’endroit du porte-parole du gouvernement qui, dans un autre tweet, affirme qu’il « ne s’embarrasse des insultes et encore moins des critiques » car, poursuit-il, « j’ai fait le choix d’être un homme public et je l’assume pleinement. Et pour cela je n’ai pas besoin d’avocat ! ».

 

TM

 


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