L’Union de l’opposition réagit à son tour après la tentative d’assassinat sur le vice-président Moustadroine Abdou et condamne vivement cet acte. Les opposants demandent que la justice fasse la lumière sur cette affaire. Concernant le référendum, l’opposition n’a pas changé d’un iota sa position, et appel au boycott du scrutin du 30 juillet.
L’Union de l’opposition s’est exprimée sur l’attaque dont a échappé le vice-président Moustadroine Abdou dans la nuit de samedi. Dans un communiqué, elle condamne avec la plus grande fermeté cet acte « ignoble » et appelle la justice à faire la lumière sur cette affaire. « Beaucoup d’actes se font et la justice n’arrive jamais à déterminer les coupables. On arrête des gens et le dossier reste dans les tiroirs », a regretté le député Tocha Djohar.
Le parlementaire fait allusion à l’incendie du trésor public, ensuite du bâtiment abritant la CENI, l’affaire des clous déversés sur la piste d'atterrissage de Mohéli, pour empêcher l'avion présidentiel de se poser et aujourd’hui, l’attaque à la kalachnikov sur le véhicule de Moustadroine. Sur cette dernière affaire, le député Tocha Djohar voit un scénario pour faire porter le chapeau à l’opposition, ceci après que le ministre de l'intérieur ait accusé le gouverneur Salami d'en être le commanditaire: «Comment peut-on comprendre qu'une voiture ait été criblée de balles, qu’aucune personne ne soit blessée et que la voiture arrive à continuer sa course sans le que chauffeur ne perde le contrôle? ».
Dans ce contexte et à une semaine du référendum, l’Union de l’opposition campe sur sa position: pas de référendum le 30 juillet. Tous assurent qu'ils useront de tous les moyens légaux pour stopper le président de la République dans son processus de révision constitutionnelle. « Il n’y aura pas de référendum le 30 juillet prochain car du début à la fin, le processus est biaisé. Le président nous a parlé de l’émergence et il nous dirige vers la décadence », a déclaré pour sa part le député Ali Mhadji qui regrette que le président « s'affiche autant dans cette campagne. (...) Soit il n’a pas de conseiller pour parler à sa place ou bien il est désespéré et pense que le seul espoir, c’est lui, pour convaincre les Comoriens ».
Dans l'espoir de trouver un consensus pour préserver la paix, l’Union de l’opposition se dit prête à négocier avec le président de la République à condition qu’il signe un nouveau décret pour repousser le référendum et rétablir la cour constitutionnelle. L’Union de l’opposition enfin a saisi le chef d'Etat-major sur les propos du commandant régional des forces armées comoriennes à Mohéli, le colonel Anrifi Moustoifa, qui dans une vidéo très partagée sur les réseaux sociaux, tenait des propos « irresponsables et haineux » à l’égard de l’opposition.
Mohamed Youssouf
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