Congrès d'après élections, assises nationales et tract séparatiste, autant de sujets abordés par des leaders de la Convention pour le renouveau des Comores dans une conférence de presse tenue hier lundi au siège du parti.
C'est une sorte de tour d'horizon de l'actualité que des leaders de la Convention pour le renouveau des Comores (Crc) ont fait dans la matinée du lundi au siège du parti. Ibrahim Soeuf membre du bureau national annonce que les travaux préparatifs pour la tenue du congrès du parti avancent bien et assure que les structures du parti sont presque mises en place à travers toute l'étendue du territoire.
« Actuellement le travail consiste au renouvellement des cartes d'adhésion mais aussi l'ouverture du parti à d’autres sensibilités, sont entre autre parmi les missions assignées au bureau assurant l’intérim », a-t-il expliqué, renouvelant l'engagement de son parti à soutenir les assises nationales prévues prochainement.
« C'est une occasion rare. Une tribune qui nous permettra de discuter surtout sur le devenir de notre pays. C'est le rendez-vous par excellence qui attend que chacun donne sa contribution. Il est temps de monter la charpente de notre pays. Dans d'autres contrées ces assises se font généralement en temps de guerre. Ici nous avons la chance de les aborder en temps de paix. Ce qui va nous permettre de discuter sans passion aucune toutes les questions », a indiqué Achirafi Ahmed maire de la commune de Oichili ya Mboini et membre du bureau national.
Le tract publié par des inconnus sommant les anjouanais résidant à Ngazidja de partir d'ici le 31 décembre est l'autre point abordé par les conférenciers. Fustigeant les auteurs du tract, Abdallah Sinane secrétaire régional au niveau de l'île d'Anjouan laisse entendre que le tract n'a pas eu l'effet escompté. « La page de stigmatisation d'une communauté est déjà tournée. Et j’admets que l'auteur ou les auteurs de ce tract sont les ennemis de ce pays. Qu'ils sachent qu'il n'y a pas un retour possible dans la période sombre du séparatisme », a-t-il déclaré. Et lui de reprendre des propos du prince Said Ibrahim disant que « l'archipel des Comores n'aura d'originalité ni de personnalité que dans son ensemble ».
Même son de cloche pour Toiwilou Mzé Hamadi qui y voit un complot orchestré contre le chef de l'État pour ternir son image. « Rappelez-vous, ce qu’il s'est passé aux années 2000 avec l'épisode Ndrimu visant à ternir l'image du colonel Azali. Cette fois-ci ça ne passera pas et nous sommes vigilent », a-t-il mis en garde, ajoutant qu'il y a dans ce pays des gens qui sont capables de tout pour assouvir leur désir propre. M. Mzé Hamadi semble renvoyer la balle sans le nommé à l'opposition.
Interpellé sur le climat de peur ressenti ces derniers temps avec une opposition qui se voit interdire toute possibilité de se rassembler, les conférenciers ont tenté sans convaincre grand monde de justifier ces mesures. « Nous n'avons pas de leçon à recevoir de quiconque ni sur la bonne gouvernance ni sur une opposition. Étant un parti politique qui a passé 10 ans dans les rangs de l'opposition nous l'avons mené avec intelligence et respect, raison pour laquelle nous avons eu à nouveau la confiance du peuple », a lancé Ibrahim Soeuf.
Pour Abdou Matassa « la liberté de ton du journal Alwatwan, un organe de service public fait mentir le prétendu climat de terreur brandi par certains. Qu'on me dit dans n'importe quel pays africain peut-on laisser un journal étatique prendre une telle position ». Pour M. Soeuf le classement des Comores en tête des pays respectant la liberté de presse dans la région prouve le contraire de ce que certains disent sur une prétendue dérive dictatoriale du régime.
Maoulida Mbaé
Encadré
Dans cette conférence de presse, Ibrahim Souef confirme la plainte déposée contre Idi Boina et député Ali Mhadji deux ténors de la Crc tombés en disgrâce, accusés d'usurpation de titre pour avoir crée un courant appelé « Crc en mouvement ». L'ancien secrétaire général du ministère des finances serait même entendu par la gendarmerie nationale. « La Crc est une et indivisible et il faut qu'ils cessent de créer la confusion », a-t-il soutenu, refusant d'aller loin arguant que l'affaire est portée en justice.
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