La Gazette

des Comores

Politique / Un retour triomphal pour Sambi

Politique / Un retour triomphal pour Sambi © : HZK-LGDC

L'ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi est de retour après plusieurs mois passés à l'extérieur. Un retour triomphal pour le président d'honneur du parti Juwa qui a été accueilli par une dizaine de milliers de militants qui ont fait le déplacement de l'aéroport vers sa résidence privée où il a été rejoint par les ténors de l'opposition.


Ils étaient nombreux à faire le déplacement à l'aéroport Moroni Prince Said Ibrahim pour accueillir l'ancien rais, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi qui signe son retour dans son pays mais aussi et surtout sur la scène politique, après plusieurs mois passés à l'extérieur. Certains ont même passé toute la nuit sur les parkings de l'aéroport pour ne pas rater l'arrivée de celui qui continue à fasciner, même au delà du Juwa, sa famille politique. Comme à l'image de Chababi, un jeune mécanicien qui a fait le déplacement avec certains de ses amis depuis Malouzini au sud de Moroni où il réside et tient son garage.

 

Dès le petit matin, le parking de l’aérogare des vols domestiques où se trouve le pavillon d'honneur a été noir du monde, des partisans et des sympathisants arborant des T-shirts et des pagnes en vert à l’effigie du président d'honneur du parti Juwa.

 

« Quand on m'a informé qu'on s’apprête à venir m’accueillir à l'aéroport prince Said Ibrahim, je me suis évidement demandé pourquoi cela, alors que ce n'est pas la première fois que je retourne après un séjour à l'extérieur. Cela ne veut pas dire que je ne sais pas la réponse. Si, je sais que c'est un message que vous voulez envoyer à ces gens là (le régime), pour leur dire que vous ne gobez pas leurs ruses, leurs mensonges et surtout leur façon de conduire les affaires de l'État », a-t-il lancé à la foule qui s'est massée jusqu’aux abords de sa résidence où l'ancien rais s'est adressé à ses nombreux partisans dont certains sont montés sur des arbres faute de place.

 

Orateur hors paire, le leader politico-réligieux a tenté d'expliquer, le pourquoi de sa longue absence dans le pays. « Si aujourd'hui j'ai fait un si long séjour à l'extérieur, c'est d'abord pour des obligations familiales. Car j'ai des enfants qui sont à l'extérieur et qui ont un droit dont ils n'ont pas joui quand j'étais à la tête de l'État. Le droit d'être au coté d'eux », s’est-il justifié.

 

« Mais soyez sûrs que de l'extérieur où je passe une partie de mon temps, je ne manque aucune occasion pour mieux représenter mon pays avec respect et dignité, si les circonstances l'exigent », a-t-il assuré.

 

Revigoré par cette démonstration de force, l'ancien chef de l'État se lâche, « quand on m'avait dit qu'on se prépare à m’accueillir en liesse, je n'avais pas dit oui ou non. Mais maintenant vous avez bien fait. Parce que vous m'offrez un argument pour me permettre de faire face à ceux-là et leur dire que le pays va de mal en pis ».

 

L'ancien chef de l'État qui aborde l'actualité politique du pays avec l’éloquence qu'on lui connaît. D'abord les assises nationales qu'il considère comme une « hérésie », la révision constitutionnelle, une prérogative du président de la République mais dont ce dernier devait justifier l'importance et la nécessité de cette révision.

 

Pour l'enquête sur la citoyenneté économique, une intimidation que le président d'honneur du parti Juwa dit n'en avoir cure. « Qu'est ce qu'on a pas dit. Qu'on m'attend de pied ferme. Qu'on me placera en résidence surveillée. Vous ne m'intimiderez point. Étant un être pieux, je sais que je partirai un jour de ce monde. Mais un bon musulman est celui qui prie pour qu'un jour, s'il meurt, qu'il meurt pour la bonne cause », a-t-il lancé.

 

L'ancien président de la République, initiateur du programme controversé de la citoyenneté économique dit être prêt à répondre à la justice, car il n'a rien à cacher dans cette affaire. « Certains disent que j'ai touché un pot de vin de 105 millions de dollars. Oh mon Dieu quel camion a pu transporter cette manne », a-t-il lancé sur un ton d'humour. Sambi appelle Azali à se concentrer sur les deux ans qui lui reste de son quinquennat au lieu de s’aventurer dans un « tripotage » de la constitution « parce que le 26 mai 2021, vous êtes appelé à céder le fauteuil à un originaire de Ndzouani ».

 

A noter qu’en dépit des spéculations sur les risques de débordement, aucun incident majeur n'a pas été signalé, l'armée étant massivement déployée pour sécuriser ce retour voulu populaire d’un leader politique dont le charisme n’a pas pris aucune ride.

 

Maoulida Mbaé 

      

 


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