Il y a quatre jours, le « Mouvement du 17 février » qui milite en faveur de la sauvegarde des accords cadre de Fomboni et les partis d’opposition avaient rencontré le gouverneur de l'île de Mohéli pour le faire revenir sur sa position de soutenir le projet référendaire annoncé pour le 30 juillet prochain par le président de l’Union Azali Assoumani. Mais en vain. En désespoir de cause, ils ont décidé de manifester hier jeudi, mais les forces de l’ordre ont dispersé le rassemblement et procédé à des arrestations.
Pour accompagner cette initiative, les élus de l’île ont dressé une lettre ouverte au président de la République lui demandant de « surseoir à la réalisation de ce projet » qu’ils jugent dangereux pour le devenir du pays. Après l’échec de la manifestation, le collectif des mohéliens qui s’oppose au régime et aux « pratiques anti-démocratiques » s’est réuni au siège de Mouvement du 17 février hier, jeudi, au foyer de Salamani pour dénoncer la politique actuelle. Le mouvement s’indigne en brandissant une autorisation de la Mairie délivrée dans le but d’organiser une manifestation pacifique.
Dans une déclaration collective, les auteurs réitèrent leur attachement à l’accord cadre de Fomboni. « Elle (la population) tient à préserver les acquis essentiels qui sont la Présidence tournante, l’Autonomie des îles, la représentativité et l’équilibre des pouvoirs ainsi que la démocratie et l’Etat de droit», lit-on dans cette déclaration. Dans ce document, les signataires disent rejeter « catégoriquement » les conclusions des « fausses » Assises Nationales et « le processus d’organisation par la force et la ruse d’un référendum de révision constitutionnelle destinée à ouvrir la voie à un pouvoir autocratique d’une durée illimité ».
Ce mouvement de contestation mené par l’ancien ministre Elarif Oukacha et l’ancien président de l’Assemblée Dhoifir Bounou, exige le respect de la constitution. « Elle (la population) exige le rétablissement de la Cour Constitutionnelle et la restauration du libre exercice des droits humains fondamentaux, en l’occurrence la liberté d’expression, la liberté de réunion et la liberté de circulation telles que garanties par la constitution des Comores », lit-on dans la déclaration.
Ils appellent les grands élus de l’île à savoir le vice-président Abdallah Said Sarouma et le gouverneur Mohamed Said Fazul à suivre l’exemple de leurs confrères de Ngazidja et le gouverneur de Ndzouani Abdou Salami Abdou dont la prise de position est « courageuse et responsable contre la dictature, l’illégalité et l’inconstitutionnalité ». Les auteurs de la déclaration saluent ces décisions et les considèrent comme clairvoyantes. Pour finir ils mettent en garde leurs élus pour leur attachement au gouvernement central « en marge de l’histoire en mouvement de l’île et du pays ». « Ils y seront sans les moheliens dont ils sont entrain de saper l’intérêt général et d’obstruer l’avenir, au profit de leur petits calculs et de leurs intérêts personnels », conclut la déclaration.
A.O Yazid
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC