La Gazette

des Comores

Politique / L’Union de l’opposition règle ses comptes

Politique / L’Union de l’opposition règle ses comptes © : HZK-LGDC

Dans une longue déclaration, l’Union de l’opposition s’en est violemment pris au régime en place. Elle est revenue sur la nomination d’un administrateur provisoire de l’île d’Anjouan mais pas seulement. L’Union de l’opposition s’est longuement étendue sur les principales entorses aux institutions effectuées par le Gouvernement Azali, dont elle dit, en filigrane, qu’il est complotiste.


L’Union de l’opposition a publié une déclaration ce 14 novembre suite à « la crise à Anjouan » qui a découlé de la nomination, par décret présidentiel, d’un administrateur à Anjouan le 08 novembre dernier. Dans ce document de presque 3 pages, elle s’en est violemment pris au gouvernement.


L’Union de l’opposition n’est pas passée par 4 chemins. Ainsi, dès la première phrase, la nomination d’Abdallah Mohamed au poste d’administrateur provisoire est incriminée. « En nommant « un administrateur » pour remplacer le gouverneur légal et légitime d’Anjouan, Dr Abdou Salami Abdou, le président de la république poursuit sa marche forcée contre les institutions de la République, contre l’ordre constitutionnel, contre les institutions insulaires », a-t-elle d’emblée accusé.


Le ton est loin d’être tendre. L’Union de l’opposition n’a pas fait dans la dentelle. Sur un ton encore plus acerbe, elle poursuit : « la déposition du Dr Abdou Salami Abdou par une opération commando de l’armée, est un acte autant brutal que grave porté contre le droit, contre la démocratie, contre la volonté populaire du peuple comorien en général, et la population d’Anjouan en particulier ».


L’UO accuse franchement le gouvernement de complotisme. « Le pouvoir accuse Dr Salami de complicité et même d’être le commanditaire de l’insurrection armée qui avait paralysé Anjouan une semaine durant ». Et d’enfoncer, « cependant, comme c’est son mode opératoire (du gouvernement, ndlr) pour éliminer des opposants gênants, l’accusateur ne produit aucun début de preuve de ses accusations avant de s’attaquer à un grand élu du peuple ». Un mode opératoire, qui est selon elle, une vieille recette éculée qui a servi et desservi tous les despotes de la planète.


La déclaration est ensuite revenue sur les principaux « faits d’armes » de l’actuel régime. Le placement en mandat de dépôt « vient à la suite de la dissolution de la commission anti-corruption, celle de la commission des droits de l’homme, elle vient après la suppression de la cour constitutionnelle et après la liquidation progressive de tous les acquis relatifs à l’autonomie des îles ».


Et de brosser un portrait élogieux du Dr Salami, « patriote émérite, infatigable défenseur de l’ordre constitutionnel, courageux dénonciateur de la dictature en place ». Celui-ci « était devenu depuis longtemps un sérieux adversaire du despotisme, donc un ennemi à abattre ». Et puisque, « le piège de la prétendue attaque à la kalachnikov de la voiture du vice-président Moustradrane n’a pas réussi à l’attraper, il a fallu recourir à d’autres mises en scène ».


Le document est longuement revenu sur l’emprisonnement de l’ancien président Sambi, « l’exil forcé du vice-président Djaffar, les arrestations des hauts dirigeants du parti Juwa, la levée dans des conditions rocambolesques de l’immunité parlementaire de députés opposants ».


Toutes ces opérations « prennent place dans l’ensemble des manœuvres et des basses machinations destinées à déstabiliser les forces de l’opposition, à créer des divisions en son sein comme au sein de chaque parti pour finalement pêcher en eaux troubles ».


Enfin, l’Union de l’opposition « exige le retour à l’ordre constitutionnel, et en particulier, le rétablissement du Dr Abdou Salami dans ses fonctions de gouverneur de l’île d’Anjouan, appelle tout le peuple et tous les démocrates à continuer et résister à la dictature ». Elle a en outre, encore une fois, lancé « un appel insistant à la communauté internationale à prendre la pleine mesure de la grave situation qui prévaut aux Comores et continuer à accompagner et soutenir le peuple comorien dans ces moments difficiles de son histoire ».


Faïza Soulé Youssouf

 


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