Les gouverneurs des îles de Ngazidja et d'Anjouan et le vice-président Djaffar Ahmed saisissent encore une fois la communauté internationale pour l’interpeller sur la grave crise politique et institutionnelle que traversent les Comores. Dans une lettre datée du 11 aout dernier, et adressée au président de l’Union Africaine, aux représentants du Système des Nations Unies et de l’Union Européenne à Moroni et à la secrétaire générale de l’OIF, tous demandent assistance à la population comorienne pour empêcher la mise en application de la nouvelle constitution.
Dans un communiqué publié le 8 août dernier, le président de la République a annoncé la mise en application de la nouvelle Constitution issu du référendum du 30 juillet. Par cet acte, Azali Assoumani décide de se délier de l’esprit et de la lettre de l’Accord Cadre de Fomboni conclu en 2001 entre les îles de Ngazidja, Ndzouani et Mohéli et l’Union des Comores dont la mise en œuvre est garantie par la communauté internationale sous l’égide de l’Union Africaine. Les gouverneurs de Ngazidja et d’Anjouan, respectivement Hassani Hamadi et Salami Abdou et le vice-président Djaffar Ahmed lancent un appel solennel aux organisations internationales en général et à l’Union Africaine en particulier pour aider le pays à préserver la paix et la stabilité.
Tous les trois sollicitent une assistance pour la population comorienne afin d'empêcher la mise en application de la « soi-disante » réforme constitutionnelle, aider au rétablissement de l’ordre institutionnel du pays, garantir la sécurité des responsables des instituions des îles, de la société civile et de l’opposition, dénoncer l’instrumentalisation de la justice et faire assister les responsables politiques de l’opposition par des avocats internationaux et montrer une intransigeance dans le respect des libertés démocratiques.
Les signataires de cette missive dont La Gazette / HZK-Presse s’est procuré une copie, ont rejeté les résultats du référendum du 30 juillet dernier et considèrent la constitution de 2001 comme étant la seule constitution en vigueur. Les deux gouverneurs et le vice-président Djaffar Ahmed ont précisé dans leur lettre que depuis le début de la remise en cause du cadre constitutionnel par les acteurs nationaux et les partenaires bi et multinationaux, le président Azali Assoumani a choisi d’ignorer toutes ces interventions.
« Le 30 juillet dernier, le peuple comorien a exprimé clairement son opposition au référendum du président en refusant de se rendre aux urnes. De nombreux observateurs nationaux et internationaux dont des journalistes et des officiers militaires de l’EASF, ont tous été témoins d’une véritable mascarade électorale où des bureaux de vote sans électeurs ont vu des urnes remplies de bulletins », lit-on dans cette lettre. Ces derniers ont déploré les sérieuses menaces qui pèsent sur la paix sociale et l’intégrité territoriale notamment les arrestations arbitraires, les brutalités policières, le musèlement de la presse et la gouvernance du pays par un communiqué.
Mohamed Youssouf
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