La Gazette

des Comores

Politique / L’Opposition exige le rétablissement de la cour constitutionnelle

Politique / L’Opposition exige le rétablissement de la cour constitutionnelle © : HZK-LGDC

Encore une fois, l’Union de l’Opposition met la pression à deux semaines de l’ouverture annoncée de la campagne pour le référendum constitutionnel. A l’approche de la fin du ramadan, elle a organisé hier mercredi une conférence de presse à Moroni, pour fustiger le gouvernement Azali sur divers sujets d’actualité nationale. Au cours de cette rencontre avec les journalistes, l’Union de l’Opposition a signé un communiqué dans lequel elle dénonce le non-respect de la constitution, la violation des libertés, l’instrumentalisation de la justice et de la religion et appelle l’armée à respecter les valeurs républicaines.


Le discours est le même dans le camp de l’opposition, celui-ci semble une évidence, la meilleure des manières pour protester dans la légalité et la loyauté. L’Union de l’Opposition accuse le régime, depuis le début de cette crise de « gouvernement dictatorial » et promet qu’il n’y aura « pas de référendum sans la Cour constitutionnelle » dont les compétences ont été transférées à la Cour Suprême. Le secrétaire général de l’Updc, Youssouf Boina, qualifie ce transfert de coup d’Etat. « Il ne peut y avoir démocratie sans gendarme constitutionnel. Et le gendarme constitutionnel c’est la Cour Constitutionnelle », a-t-il rappelé.

 

Ce dernier explique que les pratiques du président de la République sont connues dans toutes les organisations internationales. « Nous avons des lois dans notre pays et ces dernières sont bafouées mais cela ne va pas durer. Le président a abrogé la commission anti-corruption, puis la commission des droits de l’homme vient après la Cour Constitutionnelle dans des conditions toutes illégales et illégitimes », martèle Youssouf Boina. Sur cette affaire, le Sg de l’Updc dénonce la complicité des membres de la Cour Suprême qui « assument des compétences qui ne leur reviennent pas de droit ».

 

L’Union de l’Opposition explique que ces pratiques mènent à des tords collectifs des membres du gouvernement. Pour l’ensemble de ces partis, la constitution n’autorise pas la convocation du collège électoral. Dans les textes, celle-ci contredit l’article 62 de la loi électorale et viole l’article 164 dudit code électoral car le décret n’est pas accompagné du projet référendaire. « Ce n’est que l’hypocrisie politique des prostitués politiques », a-t-il conclu.

 

Dans un autre registre, l’Opposition manifeste sa déception face à la violation des libertés des citoyens notamment sur la liberté d’expression et la liberté de circuler et de voyager. Moustoifa Said Cheikh rappelle la citation de Rousseau du Contrat social qui dit que « tous les hommes sont nés égaux en droits ». Cet ancien ministre montre qu’on ne peut pas se fier à des notes circulaires pour priver les citoyens de leurs droits. « Le plus grand texte c’est l’ordre constitutionnel et il est bafoué par le régime et le président et cela sème la zizanie dans le pays », explique le leader du Front démocratique, Moustoifa Said Cheikh.

 

Pour protester contre le sort réservé aux membres de l’opposition notamment le cas Ahmed Hassane El-Barwane, Moustoifa rappelle que manifester est un droit qui permet aux citoyens de s’exprimer sur la situation politique qui prévaut dans le pays. « Il est inadmissible que les préfets interdisent systématiquement toute manifestation et vont même jusqu’à procéder à des arrestations », lit-on dans le communiqué.

 

Updc, Rdc, Juwa, FD, Crc-M, Add Zamzam, Pndc, Djawabu, Rdr, Pcdp Djamnazi, Rifaid Comores et le mouvement du 17 février sont les partis qui forment l’Union de l’Opposition. Dans le communiqué qui a accompagné la conférence, elle a demandé aux magistrats de respecter la déontologie du métier et de savoir distinguer le pouvoir Exécutif du pouvoir Judiciaire, ce qui est la base de toute démocratie. Pour conclure ces partis politiques lancent un appel à l’Armée Nationale de Développement pour le « respect des valeurs républicaines » et éviter de « brimer la population qui manifeste pacifiquement pour réclamer le respect de la constitution ».

 

A.O Yazid

 


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