Après qu'un militaire ait été grièvement blessé lundi, la main amputée, dans un bureau de vote à Hankounou, Moroni, le gouvernement a procédé à de multiples interpellations dont les plus importantes sont celles des membres de l’Union de l’opposition. Après Ahmed Hassane El Barwane, hier matin c'était au tour de l’ancien ministre M’madi Ali d'être embarqué.
Le président de la République avait appelé lundi à ce que les coupables de l’acte barbare sur le militaire, soient retrouvés et punis. Depuis, c'est une véritable chasse à l'homme qui est engagée par les autorités. Une vague d’arrestations est déclenchée du lundi jusqu’à hier mercredi. Parmi elles, celles des membres de l’Union de l’opposition que le ministre de l’Intérieur ne cesse d’indexer comme responsables des incidents qui ont lieu ces derniers jours.
Lundi dernier, Mohamed Daoudou accusait publiquement le parti Juwa d’être à l’origine de l’incident du militaire qui a perdu sa main dans ce qui semble avoir été une altercation entre lui et les individus ayant saccagé le bureau de vote de Hankounou. Après l’interpellation d’Ahmed Barwane mardi et de Chakour mardi, hier mercredi c’est l’ancien ministre M’madi Ali qui est interpellé à son tour et placé en garde à vue. Selon nos informations, cette arrestation de l’ancien directeur de cabinet de l’ancien président Ikililou Dhoinine serait liée à la conférence de presse de l’opposition tenue samedi à Moroni et où il avait pris part. Ce dernier aurait tenu des propos jugés menaçants à l'égard des militaires ou leurs proches s’ils venaient à agresser des membres de l’union de l’opposition.
Une équipe composée de la gendarmerie nationale, la police nationale et le DNDPE mènent l’enquête afin d’identifier les coupables. Selon une source proche de l’enquête en cours, la plupart des personnes arrêtées a été identifiée par les caméras mises en place dans la capitale. Elle affirme aussi que « les interpellations vont continuer ». Dans la journée, l’Union de l’opposition devait tenir une conférence de presse pour « rejeter les résultats du référendum » du 30 juillet dernier à la résidence de l’ancien vice-président Mohamed Ali Soilih à Iconi mais elle n’a pas eu lieu.
La Gazette des Comores a essayé de joindre les membres de l’opposition en vain. Au final, une source proche a confié que « la conférence ne va pas avoir lieu car des membres de l’opposition sont actuellement recherchés par les autorités ». Au même moment, on a appris que la femme de Youssouf Boina a été arrêtée à la place de son mari qui est introuvable. Une véritable chasse à l’homme se poursuit pour tenter de localiser et arrêter les députés Tocha Djohar et Ali Mhadji qui seraient en cavale depuis lundi soir. Jusqu’où le pouvoir central ira-t-il pour légitimer son référendum du 30 juillet ?
Mohamed Youssouf
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