Dix partis se réclamant de l'opposition constituent un front uni contre le pouvoir. Structurés autour de Mohamed Ali Soilih président du parti Updc, ils dénoncent un pouvoir qui glisse, à les en croire, vers la dictature, promettant par ailleurs une opposition qui ne serait pas systématique.
Après une année d'hésitation, l'opposition se remobilise espérant se donner de la voix. Dix partis politiques qui se réclament de l'opposition dont l'Updc et le Rdc (courant Mouigni Baraka) mutualisent « leurs forces au sein d'un mouvement porteur de critiques et de contre propositions à l'action du gouvernement Azali », lit-on dans une déclaration publiée à l'issue d'une conférence de presse, tenue hier mercredi à Moroni, annonçant la création de ce front.
L'ancien vice-président Nourdine Bourhane pense qu'il est temps que le pays se dote d'une opposition digne et structurée, parlant d'une seule voix, après une si longue période d'hésitation à la sortie des échéances électorales que le pays vient d'organiser (législatives et présidentielles de 2015-2016).
« Nous sommes venus vous présenter aujourd'hui l'opposition dont le pays a besoin, dit-il, et ces dix partis se sont mis d'accord de cesser de courtiser le régime, pour se constituer en une véritable opposition ». Avec « 59% des suffrages », ce candidat malheureux à la vice-présidence aux dernières élections présidentielles est convaincu que ce front va peser lourd dans l’échiquier politique national. « Une potentialité qu'il ne faut pas négliger. Un poids qui ne nous permet pas de laisser le pays gouverné sans contre-pouvoir », a-t-il fait savoir.
Les leaders politiques de ce front disent s’inquiéter de la tournure que prend le pouvoir avec un « espace de liberté réduit » et une « démocratie menacée ». Ils tirent la sonnette d’alarme sur un supposé glissement du pouvoir vers une dictature, dressant une liste non exhaustive de ce qu'ils considèrent comme dérapages, notamment la suppression de la commission nationale de la lutte contre la corruption, le gel de la commission électorale, le mauvais traitement prodigué à la Cour constitutionnelle, les licenciements des jeunes.
Pour Mmadi Ali du Pndc, l'opposition ne tolérera pas un recul en matière d’acquis démocratiques. « Notre constitution a garanti la liberté d'expression, personne ne peut venir nous le priver », a-t-il martelé. Quatre personnalités seront prochainement désignées pour être les porte- paroles officiels de ce front de l'opposition.
A noter que cette coalition de l’opposition n’intègre pas encore le parti Juwa, dont l’alliance avec le président Azali a été rompue le mois dernier.
Maoulida Mbaé
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