Les élus de la nation se sont mobilisés hier jeudi au conseil de l’île pour manifester contre la suspension de la cour constitutionnelle mais aussi de la tenue du référendum. Ils exigent le rétablissement de la haute cour dans les meilleurs délais.
De la suspension de la cour constitutionnelle à la tenue du référendum les 30 juillet prochains, tel étaient les motivations des élus de l’opposition à manifester hier jeudi devant le Conseil de l’île de Ngazidja. Ces parlementaires exigent le rétablissement de la haute cour dans les meilleurs délais. C’est le député Oumouri M’madi Hassani qui a ouvert le meeting. « Le 26 mai 2016, le président de la République avait juré de respecter la constitution. Aujourd’hui il ne fait que la piétiner. Ce qui se passe aujourd’hui pour la cour constitutionnelle, c’est un coup d’Etat constitutionnel », déclare-t-il. Le député de Hamanvou s’est étalé sur les agissements du chef de l’Etat et de son entourage depuis le début de son règne.
Le député Mohamed Bacar Dossar reste quant à lui convaincu qu’il ne peut pas y avoir de référendum sans une cour constitutionnelle pour jouer son rôle qui est lui est dévolu. « Le référendum ne devrait pas avoir lieu sans le rétablissement préalable de la cour constitutionnelle. Avec ce transfert de compétence de la cour constitutionnelle à la cour suprême, la population peut dire non au référendum et le pouvoir dire oui à son tour. C’est vraiment inquiétant pour notre nation », dit-il. Ce dernier a profité de cette occasion pour dénoncer les interdictions de voyager à répétition des membres de l’opposition à l’étranger. « Nous sommes dans un Etat démocratique. On ne peut pas comprendre qu’on nous empêche de voyager parce qu’on n’a pas une carte de vaccination. C’est vraiment regrettable ce qui est en train de se passer », poursuit-il.
De son côté, le député Ibrahim Mohamed Soulé s’est attardé sur le droit notamment sur l’article 12.3 qui a permis au chef de l’Etat de transférer les compétences de la cour constitutionnelle à la cour suprême. Et il a parlé de ses mesures d’exception attribuées au chef de l’Etat. « Prendre des mesures exceptionnelles, c’est lorsque le pays se trouve dans un état d’urgence. Et là c’est tout à fait le contraire. Des mesures d’exception ne permettent pas de faire des élections et là le président Azali Assoumani a annoncé un référendum le 30 juillet prochain », lance-t-il.
Parlant du transfert temporaire des prérogatives de la cour constitutionnelle à la cour suprême, le député de Moroni Nord a montré que le président de la République avait pleinement le droit d’exiger des autorités qui n’avaient pas nommé les membres manquants à cette instance de le faire, afin de garantir le bon fonctionnement des institutions. « En tant que garant des institutions, le président Azali pouvait leur demander de nommer. Ce n’est pas encore trop tard et procéder à la prestation de serment, ajoute-il. Ou bien nous dire que le provisoire est devenu permanent ». Il a fustigé ensuite les dérapages du président Azali, à savoir la dissolution de la commission anti corruption pourtant créée par une loi de l’Assemblée nationale, la quasi-suppression de la cour constitutionnelle et l’opacité dans la passation des marchés publics.
Mohamed Youssouf
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