Des députés de l’opposition demandent le rétablissement de la Cour constitutionnelle. Dans un face à face avec la presse, Tocha Djohar et Ali Mhadji sont revenus sur les tensions qui prévalent en ce moment aux Comores, exhortant les autorités à réagir.
« Ce n’est pas de l’entêtement ce qu’on fait, nous voulons juste l’application du Droit ! C’est pour cette raison qu'en tant que député, je ne peux pas lâcher cette question relative à la Cour constitutionnelle », a lancé le député Ali Mhadji. Dans un point de presse tenu hier, Tocha Djohar et Ali Mhadji sont revenus sur la décision du chef de l'Etat de transférer les compétences de la Cour constitutionnelle à la Cour suprême. Une voie dangereuse qui ne peut mener qu'à l'échec pour Ali Mhadji.
Les conférenciers sont revenus sur la déclaration du chef de l'Etat il y a quelques semaines, portant sur la tenue d'un référendum sur une révision de la Constitution. « Le monde entier nous regarde. Tout ce qui suivra, seul vous, Azali Assoumani, en serez le seul responsable. (...) Il n’y aura pas de référendum de manière transparente sans la Cour constitutionnelle ».
« On ne peut pas fermer les yeux face cette suspension de la Cour constitutionnelle. Le président de la République doit prendre ses responsabilités sinon ce sont les institutions de la Nation qui seront affaiblies », a renchéri Tocha Djohar. Les députés de l’opposition ont déclaré entamer prochainement une tournée dans les villes et villages de l’archipel pour disent-ils, sensibiliser la population sur la situation.
Tocha Djohar est revenu sur le traitement infligé aux députés de l'opposition la semaine dernière par les forces de l’ordre lors d'une manifestation qui a mal tourné. Le député d’Itsandra Sud appelle les organisations internationales accréditées en Union des Comores, les sages mais aussi les pères fondateurs de la Nation, à réagir. « Vous ne pouvez pas fermer les yeux et laisser faire ! Il est temps que vous réagissiez !», s'est-il emporté.
Pour rappel, des députés ont déclaré avoir été torturés des heures durant par les forces armées après qu'un rassemblement de l'opposition ait dégénéré. Tocha Djohar demande aux forces de l’ordre de « faire leur travail » comme mentionné dans la Constitution. « Les gendarmes et militaires sont là pour protéger le chef de l’Etat mais aussi les députés car nous sommes élus comme lui. On ne peut pas accepter la torture et l'humiliation ou encore qu'on nous traîne dans la boue. Arrêtez ! ». Un cri d'alarme des députés de l'opposition qui espèrent voir la situation se rétablir très vite.
Mohamed Youssouf
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