La Gazette

des Comores

Politique / Le Vice-président Djaffar se désolidarise du gouvernement

Politique / Le Vice-président Djaffar se désolidarise du gouvernement © : HZK-LGDC

Samedi, devant une salle comble, le vice-président Djaffar Ahmed Said Hassane a déclaré prendre ses distances avec le pouvoir central dont il fait partie en qualité de vice-président. C'était à Mrodjou, alors que le gouverneur de l’île autonome de Ngazidja, Hassani Hamadi, présentait son bilan après deux ans à la tête de l'île.


Les rumeurs qui circulaient depuis peu se sont confirmées samedi. Djaffar Ahmed Said, vice-président, prend ses distances avec le gouvernement. Il assure que les réformes engagées par le régime ne sont pas légales. « Nous avons hérité d'un pays stable depuis le Constitution de 2001. Le processus de la réforme constitutionnelle en cours n'est pas légal. (...) Nous devons impérativement rétablir la Cour constitutionnelle. En son absence, comment allons-nous organiser des élections ? », a lancé d’emblée le vice-président Djaffar Ahmed Said Hassane.

 

Un discours plein de ferveur et d’enthousiasme qui a suscité beaucoup d'acclamations et qui a été clos par l’hymne national, entonné par la foule. A Mrodjou, où le gouverneur Hassane Hamadi présentait son bilan après 2 ans d'exercice, Djaffar Ahmed Said Hassane a déclaré s’être exprimé depuis le début contre la révision de la Constitution et contre le transfert des compétences de la Cour Constitutionnelle à la Cour Suprême. « Je suis un homme de droit, je ne pourrais pas soutenir des réformes qui ne sont pas dans la légalité », a déclaré le vice-président. Pour lui, la Cour Suprême n’est pas habilitée à assumer les prérogatives et les compétences de la Cour Constitutionnelle.

 

« L’organisation de la Cour Constitutionnelle est établie outre par la Constitution mais par une loi organique qui détaille l’organisation de la Cour Constitutionnelle, ses compétences, ses membres et leurs qualités, ses réunions et leurs durées… donc la Cour Suprême n’est ni compétente ni qualifiée à accumuler le pouvoir de la première », a déclaré cet ancien procureur général avant de rajouter que « la Constitution est totalement bafouée car le rôle de la Cour Suprême se limite aux lois civiles et pénales… ».

 

Une déclaration qui intervient quelques jours après que le gouverneur de Ngazidja, Hassane Hamadi, ait déclaré se désolidariser du pouvoir central également. « Nous, citoyens comoriens des trois îles, nous devons nous unir pour demander le respect de la Constitution », a lancé Djaffar Ahmed Said qui dénonce les restrictions sur la libre circulation, la liberté d’expression et de manifester. « Il n’est pas commode qu’on arrête une personne parce qu’elle manifeste (...). Nous qui sommes au sein du régime, devons revenir en arrière et échanger pour trouver un terrain d’entente qui nous permettra de rétablir la Cour Constitutionnelle et aller de l’avant pour le bien de notre pays ».

 

Djaffar Said Ahmed enfin n'a pas manqué de préciser que si les choses continuaient d'aller dans ce sens, il n'est pas impossible qu'il tourne le dos au régime. Une décision qui ne sera pas sans conséquence pour le gouvernement. Le gouverneur de l’île d’Anjouan, Salami Abdou Salami, a quant à lui félicité le vice-président pour cette décision. « En prenant cette décision, vous avez fait preuve de courage et de patriotisme. J’attendais impatiemment ce moment car j’étais sûr que vous le feriez. La nation comorienne est derrière vous », a déclaré le gouverneur de Ndzouani.

 

A.O Yazid

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.