Le bureau national du parti Juwa s’est exprimé hier en milieu de journée, devant la presse et sur les réseaux sociaux, après les événements marquants à Mutsamudu, Anjouan. Le principal parti de l'opposition apporte son soutien au Gouverneur d’Anjouan et militant du parti, Abdou Salami Abdou, placé en résidence surveillée.
« Notre pays vit dans un tourment politique qui est à l’origine de nombreuses guerres politico-politiciennes », a déploré le député de Moroni Sud, Mohamed Msaidié du Juwa. Devant la presse, le parlementaire est revenu sur la situation politique du pays, caractérisée par des tensions. Des perturbations nées à l'en croire depuis l’annonce de la tenue des Assises Nationales en février dernier. « Vous avez vu que lors de ces Assises, ni les grandes personnalités politiques du pays ni les grands partis n’y ont pris part ».
Critique à l'endroit du régime actuel, il dénonce le musellement des libertés d’expression, de circuler et de manifester: « Il y’a dix ans et plus, toute liberté fondamentale notamment celle de la presse et de la libre circulation était respectée. Mais depuis deux ans, toutes ces libertés sont bafouées », fustige le secrétaire général du conseil politique du Juwa qui regrette que les opposants au régime actuel soient « désignés tels des ennemis par le gouvernement actuel ».
Le Juwa est revenu sur les événements tragiques d’Anjouan. Sur la mise en résidence surveillée du gouverneur Salami, Msaidié se dit indigné: « Salami est un élu et il était aussi conscient de ce qui allait lui arriver. (...) Le Gouvernorat d’Anjouan avait organisé une manifestation pacifique. Le Gouvernement de l’Union accuse Salami d’être à la tête ou commanditaire de l’insurrection armée de Mutsamudu ». Une stratégie selon lui, pour écarter tous les opposants au régime d’Azali.
Le Juwa exhorte le Président de la République à revenir sur ses décisions et épargner Salami, des accusations portées contre lui. Ibrahim Mohamed Soulé, député de Moroni Nord, regrette lui les "actions menées par le ministre de l’Intérieur" qu'il accuse de jouer à la fois le rôle du ministre de la Justice et de Procureur en plus d'être de premier flic du pays. Juwa enfin, appelle à la libération de Salami et de l’ancien président Sambi, "ainsi que tous les prisonniers politiques condamnés sans preuves ni jugement". Il a tenu enfin à rappeler que son parti demeure le plus grand parti du pays, n’en déplaise au président Azali, lequel se serait jamais arrivé à se faire élire en mai 2016, sans le soutien déterminant du parti Juwa de l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi.
A.O Yazid
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