Le 30 juillet prochain, les comoriens sont appelés à se prononcer sur un projet de révision de la constitution. Le secrétaire général de la Confédération des Travailleurs des Comores (CTC) reste convaincu que le processus enclenché par le pouvoir en place est « suicidaire » pour le pays. Il appelle les comoriens à ne pas se rendre aux urnes.
A une semaine du référendum, le débat politique continue de diviser l’opinion. Certains voient en cette révision une opportunité pour aller vers les réformes souhaitées par le président de la République. D’autres voient au contraire un processus qui risque de mener le pays à une déstabilisation. Le secrétaire général de la CTC est de ceux qui voient en cette révision de la constitution « une mascarade ». « Si les assises nationales que le président de la République s’appuie pour appeler au référendum s’étaient déroulées dans les meilleures conditions, ça serait un bon processus. Mais avec des assises instrumentalisées, on se dirige droit vers le chaos », déplore Salim Soulaimane, le secrétaire général de la CTC.
Sur la révision en soit de la constitution, ce leader syndical reste convaincu que le processus engagé est fait en violation des dispositions constitutionnelles. Il a évoqué plusieurs raisons à savoir la perte de l’équilibre des îles, la suppression de l’autonomie des îles, l’indépendance de la justice mais aussi la suppression de la cour constitutionnelle. Il appelle les comoriens à rester chez eux et à ne voter. « A cette vitesse on risque de renouer avec les vieux démons. On n’assiste pas à une révision de la constitution mais plutôt à un changement de constitution », poursuit-il, avant d’ajouter que « le projet de révision de la constitution n’a pas pris référence de l’ancienne. Et c’est grave ».
Le secrétaire général de la CTC remet en cause le fond et la forme du texte proposé par la révision. Selon lui, on centralise le pouvoir autour d’une seule personne : le président de la République. « Là, je ne parle pas seulement du président Azali Assoumani mais des présidents de l’Union des Comores qui vont venir après lui. Le texte proposé ne fait que nous amener dans une monarchie absolue », avance Salim Soulaimane.
Sur l’organisation du vote, ce dernier explique que le scrutin tourne autour de quatre membres de bureau en violation de certaines dispositions du code électoral. « Les membres devant être désignés par les gouvernorats sont désignés par la CENI avec la complicité du ministère de l’intérieur en charge des élections », dénonce-t-il, avant de conclure que « si le OUI l’emporte, les trois premières victimes s’appelleront Abdallah Sarouma, Moustadroine Abdou et Djaffar Ahmed », les trois vice-présidents dont les postes seront suprimés.
Mohamed Youssouf
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