La Gazette

des Comores

Politique / La CrcM tâcle le gouvernement

Politique / La CrcM tâcle le gouvernement © : HZK-LGDC

La CRC en Mouvement (CrcM) a tenu une conférence de presse, hier lundi à Moroni. L’objectif : sensibiliser les autorités sur le quotidien des Comoriens. Scandales financiers, liberté d’expression et assises nationales ont pris une très grande place dans cet échange avec les journalistes.


« Nous vivons dans une crise sociopolitique et économique », a déclaré d’entrée Ali Mhadji, secrétaire général de la CrcM dans leur point de presse tenu hier dans la capitale. Cet énième cri d’alarme du député fait suite aux évènements récents qui secouent l’archipel.

 

D’abord les assises nationales. Un échec avant leur tenue, prédit le secrétaire général de la CrcM. « La population ne veut plus entendre parler des assises. La preuve, on le voit chaque jour dans nos villes et villages (lors des tournées de sensibilisations : ndlr) où la population brille par son absence dans les rassemblements », a déploré le député de la région de Hambou.

 

La cherté de la vie ou encore le non respect de l’état de droit dans le pays restent pour lui, les principaux freins à l’émergence tant souhaitée par le chef de l’Etat. « Il est temps que le président Azali ouvre les yeux et prenne les choses en main pour pouvoir amener le navire à bon port », martèle-t-il.

 

Dans la foulée, Mhadji lancera un vibrant appel à l’opposition afin, dit-il, qu’elle se réveille pour sauver le pays. « Le Comorien d’aujourd’hui veut manger à sa faim, avoir accès à des soins et un emploi et rien n’est fait par le gouvernement pour le satisfaire. L’argent de l’Etat est aujourd’hui utilisé dans la campagne des assises, à travers les villes et villages, mais aussi dans les cérémonies d’inauguration. C’est regrettable ! On croyait que le président Azali avait retenu leçon de son premier mandat ».

 

Le cas des institutions de l’Etat, « des boîtes d’enregistrement », ne semble pas le rassurer. Dans son intervention, Mhadji exhorte le chef de l’Etat à laisser le Parlement jouir de son autonomie et surtout rendre effective la mise en place du Conseil de la magistrature et la Commission anti-corruption. « On ne peut pas accepter que tout se décide à Beit Salam ! Le président doit nous laisser jouer notre rôle ou bien prendre le Parlement et le placer à Beit Salam ! », s’emporte-t-il.

 

Alors que l’affaire Abdallah Agwa secoue la sphère médiatique, le secrétaire général de la CrcM appelle les autorités à restituer à ce dernier ses émetteurs. Ali Mhadji en profitera également pour solliciter l’animateur radio, recherché par les autorités, à se manifester, rappelant par l’occasion qu’« une marche pacifique devrait bientôt se tenir en soutien à Abdallah Agwa ».

 

Ali Mhadji enfin, appelle le président de la République à porter plainte contre Médiapart pour les informations divulguées par le journal qui parle de 40 millions d’euros, placées dans un compte à l’étranger. « L’affaire Semlex a fait beaucoup de bruit et on ne veut pas que notre pays souffre d’une mauvaise image. Je demande au président de la république de se prononcer sur cette question ».

 

 

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.