A partir de samedi dernier, Chamasse est devenu officiellement membre de la CRC, devant le gratin du cabinet présidentiel. Et le parti au pouvoir fait grand cas de cette adhésion. Qu’est-ce que le régime d’Azali attend justement de cet homme issu de la diaspora, pour lui accorder autant d’importance ?
Il a mouillé son maillot pour Azali. Bien qu’il ne soit pas un soutien de la première heure, son apport au candidat de la CRC (Convention pour le renouveau des Comores) depuis le deuxième tour des élections présidentielle de 2016 a été on ne peut plus capital. Son accoutumance à sa nouvelle famille d’accueil, sans ambages (il était, auparavant, le directeur de campagne de Hamada Fochowa, candidat malheureux dès le premier tour des élections des gouverneurs à Ngazidja). Sans poste au sein du régime, d’aucuns croyaient qu’il était jeté aux oubliettes, comme un vieux chiffon. Que nenni !
Hamidou Ali, célèbre sous le surnom de Chamasse est un orateur de talent incontournable. Ceux qui ont suivi de près les meetings du candidat Azali doivent en avoir gardé un souvenir. Ce jeune prédicateur issu de la diaspora et qui s’est engagé en politique pour la première fois aux cotés de Hamada Fochowa, est doté des qualités d’éloquence et de persuasion indéniables. Au moment où le régime peine à se défendre devant une opinion qui tire à boulets rouges, Chamasse devrait apporter une bouffée d’air dans la communication du principal parti de la majorité présidentielle.
Ce sont d’ailleurs les attentes du directeur de cabinet du chef de l’Etat, ne serait-ce qu’à demi-mot, lors de la cérémonie officielle qui s’est tenue à Nioumadzaha Bambao, village natif de Chamasse, samedi 7 octobre dernier : « Je suis très heureux d'avoir quelqu'un comme Chamasse dans la CRC. Peut-être nous réveillera-t-il ». En effet, parce que les bras d’Azali semblent en léthargie, hormis lui Belou (le directeur de cabinet) et le conseiller en communication du chef de l’Etat.
Mais si Chamasse s’est jeté dans l’arène politique, ce n’est pas pour avoir une place au paradis. Comme tout allié politique, il cherche à obtenir un poste. D’où sa [trop] longue patience depuis qu’il est revenu de France où il a laissé toute une famille. « Certes depuis que je suis rentré je ne travaille pas. Mais soyez rassurés, le chef de l'État tiendra parole », a-t-il déclaré à ses sympathisants qui se demandent sans cesse si vraiment il n’était pas oublié. Même ton pour le directeur de cabinet du chef de l’Etat qui a sorti l’adage selon lequel « patience et longueur de temps font plus ni que force ni que rage ». « Quoique ce qu’on dit ici et là, Azali n'oublie jamais une promesse. Et donc il n’a pas oublié Chamasse ».
Dans cette cérémonie, on a noté la présence de Soulaimana Ahmed Conseiller du président chargé des affaires coutumières, Ibrahim Souef secrétaire général adjoint de la CRC, Fundi Farahane père spirituel du chef de l’Etat, Nassurdine Ali Mhoumadi secrétaire général de l’université, Mmadi Moindjié ancien directeur général du journal Al-fajr… Dans les discours, Chamasse comme Belou ont abordé la question des Assises nationales, que le nouvel adhérent de la CRC qualifie de « portail vers l’émergence ».
Toufé Maecha
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