Les députés Ali Mhadji, Tocha Djohar et le conseiller, Elfasse Mohamed appellent encore à une marche pacifique aujourd’hui vendredi, après la prière. Tous affirment que ces marches se poursuivront jusqu’à ce que le chef de l’Etat revienne sur sa décision de transférer temporairement les compétences de la Cour constitutionnelle à la cour suprême.
Les députés Ali Mhadji et Tocha Djohar, accompagnés d'Elfasse Mohamed, Conseiller de l’île autonome de Mohéli, appellent pour la énième fois à une marche de protestation aujourd'hui, vendredi. Devant la presse nationale, ces trois élus annoncent que cette fois-ci, les manifestations auront plus d'impact. « Nous appelons les gens à manifester, sur l’ensemble du territoire, même à Mayotte, pour protester contre les actes anticonstitutionnels d’Azali », a déclaré Tocha Djohar, député d'Itsandra sud.
« Même les quartiers doivent se mobiliser ! ». L'objectif est de montrer au monde que « la population désavoue le gouvernement d’Azali », a précisé Ali Mhadji, député de Hambou. Un projet qui n'est pas vain à les entendre. Pour preuve diront-ils, l'arrivée bientôt sur le sol comorien, d'émissaires des Nations unies et de l'Union africaine. Dans sa conférence, « le collectif des 45 élus de la Nation », représentés par les députés Tocha Djohar et Ali Mhadji, assure que l’arrivée de ces délégations est une étape importante parce que les représentants de ces organisations internationales «vont pouvoir toucher du doigt, la situation de répression et de privation des libertés que le pays traverse ces derniers temps».
A ce sujet, le député de Hambou, Ali Mhadji annonce qu’il va profiter de l’arrivée de ces émissaires pour dénoncer « l’intervention musclée opérée par les forces de l’ordre pour disperser les manifestants vendredi dernier». Selon le député, cet usage de la force pour priver les citoyens de leur droit de manifester prouve que le pays «vit les heures noires» de son histoire.
« Le droit de manifester est une des libertés garanties par la Constitution et nous ne comprenons pas que des militaires qui sont payés par l’argent des contribuables nous en privent. Nous vivons dans un d’Etat de droit, un pays dont les lois protègent les droits des citoyens. Ces répressions constatées ces derniers temps sont contraires à ces valeurs et nous exigeons des militaires qu’ils fassent respecter ces droits et donnent la possibilité à tous les citoyens d’en jouir pleinement». «Nous demandons seulement le respect de tous les droits garantis par la Constitution», a conclu Elfasse Mohamed.
A noter que le secrétaire général du parti Juwa, Ahmed Hassane Elbarwane est toujours maintenu en détention après sa participation à la tête de la manifestation de vendredi dernier dans la capitale. Son jugement qui était devrait être rendu hier jeudi, a été repoussé encore au lundi 11 juin prochain. Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.
Ibnou M. Abdou
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