Ahmed Hassane El Barwane est élu secrétaire général du parti Juwa à l'issue d'un congrès tenu dans un hôtel de Mutsamudu, le week-end. Un congrès qui aurait réuni près de 500 personnes en provenance des quatre coins du pays à en croire le nouvel élu, ceci malgré les restrictions du ministère de l'intérieur.
Ahmed El Barwane s'empare de la tête du parti Juwa au terme d'une élection qui aurait mobilisé 487 votants.
S'opposant à trois candidats, l'ancien porte-parole du Juwa obtiendra 62,34% des suffrages, loin devant le député Ibrahim Mohamed Soulé 19,57%, Ibrahim Mhoumadi Sidi 12,95% et Jaffar El Macelie avec 2,71% des suffrages exprimés.
Pour le nouveau secrétaire général du Juwa, s'il est élu à la tête de ce parti crée depuis octobre 2013, ce n'est pas le fruit du hasard. « Alors que certains assuraient que le congrès ne serait pas maintenu, nous avons prouvé le contraire. En plus d'avoir été tenu, les gens se sont mobilisés de 11h00 jusqu'à tard le soir pour élire démocratiquement un nouveau bureau », a déclaré ce membre fondateur du parti de l'ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi.
L'ancien ministre dénonce un climat « de terreur » entretenu par la pouvoir en place et appelle les autorités à la raison car «émergence et climat de peur ne vont pas ensemble, surtout quand on appelle à tenir des assises censées faire le bilan du passé ».
Le congrès a été l'occasion également d'élire le secrétaire général adjoint du parti. Abdou Madi a été élu avec 46% au détriment de l'ancien ministre des affaires étrangères et député de Mutsamudu, Mohamed Dossar.
L'ancien directeur de l'Onicor, Aladine Daroumi, devient l'argentier du parti. Il sera secondé par l'ancien directeur de la Ma-Mwe, Henri Mlanao.
Aussitôt le nouveau bureau mis en place, ses membres n'ont pas tardé à rendre publique leur toute première déclaration. La direction politique du parti s'est félicitée du « climat qui a prévalu et qui a permis le renouvellement de la direction du parti à travers un scrutin démocratique et transparent ».
Le parti a dit approuver le divorce d'avec le régime en place. Pour rappel, Juwa avait largement contribué à la reconquête de Beit Salam par Azali Assoumani lors des élections de 2016. La rupture semble cette fois bien effective. Dans sa déclaration, Juwa accuse le pouvoir de restreindre les « libertés démocratiques » et entretenir un climat « d'intimidation et de provocation ».
« Devant cette volonté affichée du pouvoir Azali de confisquer tous les espaces d'expression et de liberté démocratiques dans notre pays, le parti Juwa y fera face ». Malgré les mesures de sécurité draconiennes prises par, semble-t-il les autorités, la clôture des travaux du congrès s'est déroulée dans les jardins du même hôtel qui a abrité l'élection du nouveau bureau.
Maoulida Mbaé
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