La Gazette

des Comores

Ouverture de la session parlementaire d’avril / Un bis repetita des précédentes

Ouverture de la session parlementaire d’avril / Un bis repetita des précédentes © : HZK-LGDC

La session d'avril du parlement est ouverte vendredi dernier dans la confusion totale. Un bis repetita des précédentes sessions où il s’en est fallu de peu pour que les députés en viennent aux mains. La nouveauté pour cette année, c'est l'apparition dans l’hémicycle des gourdins et autre taser. Un spectacle digne d'un film de western auquel les députés nous ont malheureusement habitués.


Les jours se lèvent et se ressemblent au Palais du peuple. La nouvelle session ouverte vendredi ne déroge pas à la règle. Les élus ont encore une foi assuré le show devant les membres du gouvernement, les journalistes, les employés de l'assemblée nationale et les quelques personnes qui ont pu échapper à la vigilance des forces de l'ordre massivement déployées aux abords de l'assemblée nationale.

 

Il a fallu attendre une poignée de minutes, juste au moment où le président de l'assemblée nationale s’apprêtait à prendre la parole pour le traditionnel discours d'ouverture pour que l’hémicycle se transforme de nouveau en une foire d'empoigne. C'est le député Tocha Djohar qui sera le premier à se lever et se rapprocher du perchoir pour tenter d’empêcher Abdou Ousseine de poursuivre son discours. Il sera rejoint immédiatement par le député Ali Mhadji, un gourdin à la main, qu'il va rapidement déposer sur son siège après avoir arraché des mains du président de l'assemblée un document dont on ignore le contenu.

 

Et le président de sortir dans la poche de son costume un taser (arme d’autodéfense électrique) qu'il ne se prive pas d'utiliser une fois que l'un des deux bouillonnants députés tente de s’emparer d'un papier ou d'autre documents en face de lui. Une scène qui se passe sous les yeux incrédules des autres élus dont certains ne bronchent pas.

 

Après la bousculade, place aux joutes verbales et aux accusations toujours entre le trio. Une cène surréaliste qui ne tardera pas à prendre fin, après l'entrée dans l’hémicycle des éléments des la force de l'ordre qui formeront un mur séparant le président et les autres élus.

 

La deuxième phase de l'acte de ce qui ressemble à un spectacle de vaudeville se déroule en dehors de l’hémicycle. « La séance est d'habitude ouverte par un discours du président de l'assemblée. Ce qui n'a pas été le cas aujourd'hui. On ne sait même pas ce qu'on va examiner dans cette session », a déclaré le député Toucha Djohar entouré par une nuée de journalistes. L'élu de la région Itsandra sud convaincu que la session est entachée d’irrégularité, et qui s'interrogera sur la crédibilité de Abdou Ousseini à pouvoir continuer à présider une telle institution.

 

« Je viens d'ouvrir la première session de l'année 2018. La session a été émaillée par des problèmes. Mais ce qui est sûr, il y a certains élus qui veulent mettre des barrages sur l'enquête parlementaire », a rétorqué le président de l'assemblée dans un point de presse improvisé dans le salon des ambassadeurs.

 

« C'est intolérable ce qui vient de se passer. On ne peut pas permettre que cette situation se poursuive ainsi », a ajouté Mohamed Daoudou ministre de l'intérieur en chargé des relations avec les institutions.

 

Alors qu'une semaine avant la convocation de pour cette session, tous les ingrédients étaient réunis pour former un cocktail explosif. A l'image des échanges d'amabilité par missives interposées entre le président de l'assemblée et celui du conseil de l'île de Ngazidja. Ce qui a peut être conduit le locataire du palais de Hamramba à lui interdire l'accès. Une humiliation. Un geste fortement condamné par des témoins de la scène.  

 

Maoulida Mbaé

                                 

 

   


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