Le nouveau gouvernement est composé de 15 membres dont deux femmes. Pour notre part, ce n’est pas de la sorte que l’on comprend la disposition constitutionnelle qui dispose que « le Gouvernement est composé de manière à assurer (…) une juste et équitable répartition entre les hommes et les femmes ». Vous conviendrez donc que le nouveau Gouvernement n’est ni juste ni équitable à l’endroit des comoriennes.
Gouvernement Azali : 12 ministères et 3 secrétariats d’Etat. 11 ministres-hommes et 2 secrétaires-hommes d’Etat. Une ministre et une secrétaire d’Etat. Pour faire court, le sexe féminin en Union des Comores n’est pourvu que d’un ministère et d’un secrétariat d’Etat. L’une à la Santé, l’autre au Tourisme. Aucun ministère régalien. Aucun. Pourtant l’article 61 de la constitution dernièrement révisée dispose que : « le Gouvernement est composé de manière à assurer (…) une juste et équitable répartition entre les hommes et les femmes ». Dont acte ? A l’évidence non.
En réalité, la comorienne, celle-là même à qui on avait promis monts et merveilles, lors de la dernière campagne référendaire, celle-là même à qui on avait fait miroiter une juste et équitable répartition entre elles et leurs congénères masculins si la loi fondamentale était adoptée, celle-là même à qui on avait fait espérer l’ouverture ‘d’une nouvelle ère’ avec force slogans, se retrouve bien dépitée. Quoi, 2 femmes ? Tout ce raffut pour 1 ministère et demi ?
Force est de constater que Azali Assoumani a une bien étrange définition du mot équitable. Dans le dictionnaire Larousse, équitable est défini comme suit : « qui agit selon l’équité, juste ». Et à quoi nous renvoie le terme « équité » toujours selon le même dictionnaire ? Equité, « qualité consistant à attribuer à chacun ce qui lui est dû par référence aux principes de la justice naturelle ». Vous conviendrez avec moi que tout ceci est bien subjectif. Que nous autres, aurions préféré que dans la constitution, il soit précisé que le Gouvernement sera réparti de façon paritaire ou alors que le Gouvernement sera composé de 30% des femmes. Pourquoi ? Tout simplement parce que cela nous aurait évité d’ergoter ad vitam aeternam sur le sens à donner au terme « équitable », fut-il cité dans une disposition constitutionnelle. Parce que comme nous le disions plus haut, nous sommes forcés de constater que Azali Assoumani a une bien étrange conception de l’équité et que son gouvernement est loin, très loin de ses promesses de campagnes (référendum et présidentielle).
Et puis rendons-nous à l’évidence. Azali Assoumani semble penser qu’en Union des Comores, il n’y a pas (encore) assez de femmes compétentes pour occuper plus de deux ministères. Vous en doutez ? Le 08 mars 2018, lors de la célébration de la journée internationale des Droits de la Femme, Al-watwan, le journal de l’Etat avait interrogé le président sur la non-promulgation de la Loi Hadjira sur la Promotion du Genre. Il avait répondu ceci : « une loi, c’est une loi mais il nous faut aussi faire preuve de réalisme. Nous pouvons même aller à un partage de 50% des postes, mais encore faudrait-il que tout cela soit acquis quand la machine sera lancée ». Sauf (que selon lui) il ne faut pas non plus qu’un poste soit attribué à une femme en se basant sur le simple fait qu’elle soit de ce sexe, mais encore faudrait-il s’assurer qu’elle en ait les compétences » (Al-watwan du 09 mars 2018).
Voilà le mot est lâché : les femmes sont incompétentes. Même si paradoxalement, il répète à l’envi « que nous n’avons rien à envier aux autres femmes du monde ». C’est à se demander dans lequel (des mondes) il vit. Dans le nôtre en tout cas, avoir un ministère et demi dans un gouvernement, n’est ni juste ni équitable.
Fsy
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