Dans un face à face entre le secrétaire général du parti Chuma, Adil Mahmoud et l’ancien ministre Houmed Msaidié sur la chaine Fcbk-Fm, les deux intervenants ont fait le tour de l’actualité du pays. Ce débat a permis d’explorer des sujets sensibles comme l’insécurité, les élections législatives, la gestion de la crise à Mayotte et la corruption généralisée.
Une conférence débat a été animée lundi 20 janvier dernier sur Fcbk-Fm entre Adil Mahmoud, secrétaire général du parti Chuma, et l'ancien ministre Houmed Msaidie, conseiller du président Azali. Cet échange a permis de discuter de manière approfondie des défis majeurs auxquels l'Union des Comores fait face actuellement. Parmi les sujets abordés, l'insécurité, les accusations de mascarades électorales, la gestion de la crise à Mayotte, ainsi que la corruption généralisée qui gangrène plusieurs institutions. Adil Mahmoud a exprimé sa profonde inquiétude face à la montée de l’insécurité et à une justice inefficace. « Les Comores que nous connaissions se détériorent jour après jour », a-t-il déploré, évoquant un sentiment d’abandon croissant chez les citoyens. En réponse, Msaidié a tenté une comparaison entre les défis des Comores et ceux de pays bien plus vastes, une stratégie que Mahmoud a qualifiée de fuite face à la réalité.
Interrogé sur les irrégularités électorales, Adil Mahmoud a préféré esquiver directement la question, laissant à Msaidié le soin de justifier les actions du gouvernement. L’ancien ministre a blâmé l’opposition, l’accusant de manquer de leadership. Mahmoud, en retour, a dénoncé une répression accrue et une « dictature rampante », affirmant que « les fraudes électorales se font désormais à ciel ouvert, là où elles se faisaient discrètement auparavant ».
La gestion de la crise des expulsés de Mayotte, ou « Chido », a été un point de discorde. Mahmoud a critiqué l’absence de véritable stratégie et le manque de transparence du gouvernement dans ses négociations avec la France. Msaidié a évoqué des initiatives limitées, comme l’envoi de dons via un bateau, un effort que Mahmoud a jugé symbolique et révélateur d’un « gouvernement négligent et passif ».
La corruption et la cherté de la vie ont été aussi débattues. Mahmoud a dénoncé une impunité généralisée et l’échec des initiatives agricoles censées stabiliser les prix des denrées de base. Il a souligné l’ignorance de Msaidié, incapable de citer le prix du riz, comme un symbole de la déconnexion des dirigeants face aux souffrances du peuple. Dans l’ensemble, ce débat a mis en avant les profondes fractures qui traversent la société comorienne. Si Msaidié a cherché à rassurer en promettant des solutions à venir, Mahmoud a insisté sur l’urgence de réformes concrètes et d’une gouvernance plus transparente.
Mohamed Ali Nasra
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